AES: L’humanitaire, nouveau rempart de la souveraineté sahélienne
L’action humanitaire est un engagement vital pour protéger la dignité humaine, permettre l’accès à l’aide et offrir un secours rapide et nécessaire aux populations en crise, tout en respectant des valeurs éthiques universelles. Dans l’espace sahélien, cette responsabilité est portée avec détermination par les ministres en charge de l’Action humanitaire des pays membres de la Confédération des États du Sahel (AES), qui ont adopté une vision commune fondée sur la souveraineté nationale et régionale. Réunis pour le tout premier forum des ministres du 7 au 9 août 2025 à Bamako, les représentants du Mali, du Niger et du Burkina Faso, accompagnés de pays invités, ont réaffirmé leur engagement à placer les communautés locales au cœur des décisions et à conduire les interventions avec leurs propres ressources et expertises.
Au cours de cette rencontre historique, les ministres ont convenu de plusieurs engagements majeurs, parmi lesquels la création d’un cadre de concertation humanitaire AES pour faciliter le dialogue, la planification et le partage des expériences. Ils ont également souligné l’importance d’intégrer la dynamique climat–sécurité–paix–développement dans toutes les interventions humanitaires et de mutualiser les efforts pour mobiliser des financements diversifiés, y compris auprès du secteur privé et de la diaspora.
Le renforcement de l’approche communautaire et de la redevabilité, la mise en place d’actions anticipatoires face aux crises climatiques, sécuritaires et sanitaires, ainsi que la promotion de solutions durables pour les déplacés internes et réfugiés constituent également des priorités stratégiques.
Au Burkina Faso, le ministère de l’Action humanitaire, dirigé par le Commandant Pélagie Passowendé KABRÉ/KABORÉ, incarne pleinement cette vision souveraine. La Ministre considère l’action humanitaire comme un instrument essentiel dans la lutte contre le terrorisme et la consolidation du territoire national, en plaçant les besoins des populations vulnérables au centre des interventions.
Elle a insisté sur la nécessité de coupler les actions humanitaires avec les opérations de reconquête du territoire afin de permettre un retour à la vie normale dans les localités affectées. Parallèlement, elle œuvre à renforcer la cohésion sociale, le vivre-ensemble et la paix durable, piliers indispensables de la souveraineté nationale.
Les programmes de réintégration des déplacés internes (PDI) illustrent cette approche intégrée. Le Projet d’Appui aux Déplacés Internes et de Renforcement de la Résilience des Communes d’Accueil (PDICA), soutenu par l’Union européenne et l’Allemagne, vise à améliorer les services sociaux, relancer l’économie locale et favoriser l’intégration des déplacés dans les communes d’accueil.
Ces initiatives reposent sur le respect des principes humanitaires, la participation active des populations concernées et le retour librement consenti des PDI dans un environnement sécurisé.
Au Mali, le Médecin-Colonel Assa BADIALLO TOURÉ, Ministre de l’Action Humanitaire et de la Santé et du Développement Social, promeut également une action humanitaire souveraine. Sous l’égide du Président Assimi GOÏTA, le Mali a mis en avant l’autonomie des communautés et la valorisation des ressources et expertises locales, dans une perspective de souveraineté régionale.
L’action humanitaire malienne s’inscrit dans une stratégie globale de défense des intérêts nationaux, en lien avec la souveraineté alimentaire et la cohésion nationale.
Au Niger, la Ministre Aïssa Laouan WANDARAMA met en œuvre une politique nationale d’action humanitaire alignée sur les orientations du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie. Elle insiste sur l’intégration des dynamiques climat–sécurité–paix–développement et la mobilisation des ressources locales, en garantissant une action autonome et coordonnée. Le Comité pour la Paix et la Sauvegarde de la Souveraineté du Niger (CPASS-Niger) soutient ces efforts en veillant à la protection des populations et au respect de l’indépendance nationale.
L’action humanitaire dans l’espace AES apparaît ainsi comme un vecteur stratégique de souveraineté, de stabilité et de résilience. Elle vise à protéger et sauver des vies, atténuer les souffrances, renforcer les capacités locales et assurer un accès équitable à l’aide dans le respect des principes d’humanité, de neutralité, d’impartialité et d’indépendance.
Les Ministres de l’Action humanitaire du Burkina Faso, du Mali et du Niger démontrent, à travers leurs initiatives et engagements, que la coopération régionale peut se conjuguer avec l’autonomie nationale et la valorisation des savoir-faire locaux, pour une gestion plus efficace et durable des crises.
Dans un contexte marqué par des défis sécuritaires, climatiques et sociaux majeurs, leur détermination à agir « par nous-mêmes, pour nous-mêmes et avec nous-mêmes » traduit une vision humanitaire indissociable de la souveraineté nationale et régionale, essentielle pour la stabilité et le développement de l’espace sahélien.
Kaki ✍🏼
Faso Voxpress