[#Politique] Présidentielle du 25 octobre en Côte d’Ivoire : la CEDEAO salue une élection « apaisée » sous l’autel de près d’une dizaine de morts
La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) poursuit sa traversée du désert, à travers des prises de position politiques souvent en décalage avec les aspirations profondes des peuples ouest-africains.
Dans un communiqué laconique daté du 2 novembre, sans mention d’aucun signataire officiel, l’institution régionale déclare « féliciter le peuple ivoirien pour le déroulement pacifique » de l’élection présidentielle tenue le 25 octobre.
« L’atmosphère sereine et apaisée qui a largement prévalu dans le pays témoigne de la maturité et du patriotisme du peuple ivoirien ainsi que de l’efficacité des institutions républicaines de la Côte d’Ivoire », poursuit le communiqué.
Pourtant, le décryptage de ce message révèle un déni politique manifeste de la part des observateurs de la CEDEAO, pourtant présents sur le terrain durant le scrutin.
Alors que l’opposition dénonçait sa marginalisation et évoque au moins sept morts, l’organisation régionale n’a ni mentionné les victimes, ni exprimé la moindre compassion à l’égard des familles endeuillées et des blessés. Elle n’a pas davantage appelé à une solution politique concernant les prisonniers d’opinion détenus sous le régime de Alassane Ouattara.
Pis encore, la CEDEAO s’adonne à des éloges sur le patriotisme du peuple, dans une rhétorique qui semble viser à détourner l’attention des véritables enjeux et à camoufler les dysfonctionnements qui ont émaillé le processus électoral.
En réalité, ce communiqué s’apparente à un soutien voilé au pouvoir en place, confronté à une vague de critiques et à une contestation persistante de ses résultats.
En adoptant une telle posture, sans égard pour les victimes et leurs familles, la CEDEAO alimente un sentiment d’indignation et de rejet au sein des populations, renforçant l’image d’une institution plus soucieuse de protéger les dirigeants que de défendre les peuples qu’elle est censée représenter.
Le fils d’Adjamé ✍️
Faso Voxpress
