Dénonciations, saisies et poursuites : la justice accélère dans l’affaire TIEGNAN

Le Procureur du Faso près le Tribunal de grande instance Ouaga 1, Bakouli Blaise BAZIÉ, a animé le vendredi 28 novembre 2025 à Ouagadougou une conférence de presse consacrée à la clôture de l’instruction du second volet de l’affaire TIEGNAN et autres. Ce dossier, qui continue de susciter un intérêt national, porte sur de graves présomptions de détournements de deniers publics au sein du ministère chargé de l’Action humanitaire. Le Procureur a annoncé que l’affaire est désormais inscrite au rôle de la chambre spécialisée du Pôle judiciaire Économie et Finances, marquant une étape essentielle dans la quête de vérité et de justice.

Au cours de l’échange, Bakouli Blaise BAZIÉ a détaillé l’état d’avancement des procédures concernant YE Yaké Camille et quatorze autres personnes, réaffirmant l’engagement de la justice à élucider intégralement les responsabilités dans ce scandale financier. Il a rappelé qu’en décembre 2024, son parquet avait engagé des poursuites en flagrant délit contre TIEGNAN Amidou et trois autres collaborateurs pour faux en écriture publique, détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux. Ces prévenus ont été reconnus coupables, une décision confirmée en appel.

En parallèle de cette première procédure, une instruction avait été ouverte contre YE Yaké Camille et un groupe de collaborateurs du ministère, sur la base de faits présumés de détournement de fonds, de blanchiment de capitaux et de faux en écriture publique. Le Procureur a souligné que plusieurs éléments matériels et témoignages, dont ceux de TIEGNAN Amidou lui-même, avaient motivé la poursuite des investigations.

À la clôture de l’information judiciaire, le juge d’instruction a estimé que les charges étaient suffisantes pour renvoyer huit personnes devant la chambre spécialisée. Ces mis en cause sont accusés d’avoir participé à des dépenses fictives, à des surfacturations et à une gestion frauduleuse des ressources destinées aux personnes déplacées internes. Des biens immobiliers ont été saisis à titre conservatoire pour garantir un éventuel recouvrement des préjudices causés à l’État. L’affaire sera examinée du 12 au 22 décembre 2025.

Le Procureur a également dressé le bilan de l’année judiciaire 2024-2025 pour le Pôle Économique et Financier. Durant cette période, 80 dossiers ont été jugés, impliquant 229 prévenus, parmi lesquels 176 ont été condamnés. Les sanctions pécuniaires en faveur de l’État s’élèvent à plus de 17 milliards de FCFA, avec des confiscations importantes, 63 immeubles, 18 véhicules et plus de 243 millions de FCFA en numéraire. Deux dossiers ont été soldés par transaction pour un montant global de 15 milliards de FCFA.

Abordant les perspectives, Bakouli Blaise BAZIÉ a annoncé une intensification des actions pour l’année 2025-2026, avec un accent particulier sur la célérité des procédures, la multiplication des sessions de jugement, le renforcement des mécanismes d’enquête et l’optimisation du recouvrement des condamnations pécuniaires. Il a toutefois reconnu des défis persistants, notamment le manque de moyens et la complexité croissante des infractions économiques.

Le Procureur a réaffirmé la détermination de la justice burkinabè à défendre les deniers publics et à sanctionner toutes les formes de malversations, quelle que soit la position des personnes impliquées. Il a exprimé sa reconnaissance envers l’ensemble des acteurs de la chaîne pénale pour leur engagement malgré les contraintes opérationnelles.

À travers cette communication, la justice burkinabè réaffirme son engagement ferme et constant dans la lutte contre la criminalité économique, un combat essentiel pour la préservation de l’intégrité publique et la restauration de la confiance des citoyens.

Kaki ✍🏼

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