Burkina Faso : Le e-casier judiciaire et le e-certificat de nationalité ont rapporté 337 146 250 FCFA au budget de l’État
Une équipe de journalistes a effectué, ce vendredi 12 décembre 2025 à Ouagadougou, une visite au Tribunal de Grande Instance (TGI) Ouaga 1 ainsi qu’au département e-services du ministère de la Justice, des Droits humains, chargé des Relations avec les Institutions et Garde des Sceaux. L’objectif était de constater de visu l’effectivité et l’impact de la digitalisation des services judiciaires au profit des populations.

Cette sortie visait principalement à mesurer les effets de la numérisation du e-certificat de nationalité burkinabè et du e-casier judiciaire. Depuis plusieurs années, les autorités nationales ambitionnent de faire du numérique un levier stratégique pour la modernisation de l’administration publique. Cette démarche vise à accélérer le traitement des dossiers sur l’ensemble du territoire, et même au-delà, grâce aux opportunités offertes par la digitalisation. Au sein du ministère de la Justice, le e-certificat de nationalité et le e-casier judiciaire constituent deux innovations majeures qui traduisent cette volonté politique.
Selon les autorités, du lancement officiel du e-certificat de nationalité, le 7 juin 2024, au 11 décembre 2025, le nombre total de demandes enregistrées s’élève à 48 931, dont 37 336 certificats délivrés. Les recettes générées à ce jour atteignent 24 465 500 FCFA pour le budget de l’État.
En revanche, 10 144 demandes ont été rejetées pour diverses raisons : documents non correspondants, mauvaise qualité des pièces jointes, documents falsifiés ou manifestement faux. Le magistrat Youssouf SANOU, vice-président du TGI Ouaga 1, précise que la majorité des demandes proviennent des régions confrontées à d’importants défis sécuritaires, ce qui démontre l’utilité du service pour les populations éloignées.
Le e-casier judiciaire affiche également un bilan remarquable. Lancé le 15 septembre 2023, il enregistre 418 281 demandes, dont 393 574 casiers délivrés et 23 596 demandes rejetées. Le traitement des dossiers se fait en 48 heures ouvrables, et les recettes générées s’élèvent à 312 680 750 FCFA.
Selon Wendpouiré Wilfried Landry COMPAORÉ, Greffier en chef et responsable du service central du casier judiciaire, la majorité des rejets s’explique par une mauvaise maîtrise de la plateforme, notamment au niveau de l’insertion des documents. Le service dispose toutefois de deux numéros d’assistance ainsi qu’une adresse électronique pour accompagner les usagers. La digitalisation a également permis de détecter 30 343 tentatives frauduleuses de personnes condamnées cherchant à contourner le système.
L’ingénieur informaticien Moussa ZONGO a, pour sa part, invité les populations à privilégier cette procédure numérique, rappelant qu’elle répond à toutes les normes de sécurité. Il a également souligné qu’elle est l’aboutissement d’un long processus engagé depuis 2022.
Pour le e-certificat de nationalité comme pour le e-casier judiciaire (bulletin n°3), les délais de 48 heures sont strictement respectés, sauf en cas de difficultés de connexion pouvant ralentir le processus. De manière générale, l’engouement des populations est manifeste, particulièrement lors des périodes de concours administratifs. 
La digitalisation permet ainsi au Burkina Faso de franchir une étape importante dans son passage vers l’administration numérique. Cette sortie de constatation avec les journalistes s’inscrit dans une dynamique de valorisation des résultats déjà engrangés par ces deux plateformes numériques. Elle intervient à quelques jours du lancement de trois nouveaux outils : Justice-Pénale, e-Permis de communiquer et e-Acte RCCM.

Le lancement officiel est prévu pour le 15 décembre 2025 à Ouagadougou, marquant une nouvelle phase de modernisation et de facilitation de l’accès des citoyens aux services judiciaires, grâce au savoir-faire des informaticiens de la Direction du système d’information du ministère de la Justice.
Lucien DAKISSAGA ✍️
