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Répétition des attaques dans le Nord du Bénin : l’inaction de la CEDEAO risque de coûter cher à ses pays membres

L’inaction et la passivité de Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) face aux attaques répétées contre certains de ses États membres pourraient avoir de lourdes conséquences pour les peuples de la région si des mesures appropriées ne sont pas rapidement prises. Comment comprendre qu’une organisation censée promouvoir la solidarité et la sécurité régionales demeure presque sourde et muette face à la recrudescence d’attaques terroristes dans l’un de ses pays membres ?

Le nord du Bénin continue en effet de s’enfoncer dans une spirale sécuritaire préoccupante. Une nouvelle attaque meurtrière visant les forces armées béninoises a été enregistrée le mercredi 4 mars 2026 à Kofonou, dans la commune de Karimama. Selon le porte-parole de l’armée, le colonel James Johnson, l’assaut mené par des individus armés a coûté la vie à au moins quinze soldats béninois, tandis que quatre autres militaires ont été blessés.

Au cours des affrontements, les forces béninoises affirment avoir neutralisé quatre assaillants. Toutefois, ce bilan, aussi important soit-il, ne suffit pas à masquer l’inquiétante répétition des attaques dans la partie septentrionale du pays. Depuis plusieurs mois, les localités de Kouandé, Kérou et Kalalé ont déjà été frappées par des violences similaires. À chaque fois, le même scénario se répète : des groupes armés surgissent, frappent brutalement, puis disparaissent, laissant derrière eux des pertes humaines et un climat de peur.

Dans ce contexte, l’attitude de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest suscite de nombreuses interrogations. Face à la multiplication des attaques et à la progression du terrorisme dans la région, l’organisation régionale semble observer un silence qui interroge et inquiète. Faut-il attendre que la situation se détériore davantage avant d’agir ? La CEDEAO entend-elle intervenir seulement lorsqu’il s’agit de coup d’État pour renverser un des leurs? Il est clair que les dégâts seront irréversibles, au risque de jouer les médecins après la mort.

Cette perception d’inaction n’est pas sans conséquences. Elle alimente un sentiment de désillusion dans plusieurs pays de la région et renforce les critiques contre les mécanismes de solidarité sécuritaire censés protéger les États membres.

C’est d’ailleurs dans ce climat de frustration et de quête d’efficacité que certains États sahéliens ont choisi de redéfinir leur trajectoire politique et stratégique en créant la Confédération des États du Sahel. Cette nouvelle dynamique repose sur une volonté affirmée de coopération directe et de défense commune, avec pour objectif central la reconquête de la souveraineté et la sécurisation des territoires.

Il est temps pour la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest et ses pays membres d’ouvrir les yeux et de servir véritablement les peuples, conformément aux idéaux de solidarité et de sécurité collective qui ont présidé à sa création.

Kaki ✍🏼

#FasoVoxpress

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