Bobo-Dioulasso : fini les noms coloniaux, place à l’Avenue Capitaine Ibrahim TRAORÉ, AES et Sya
Bobo-Dioulasso a vécu, le dimanche 26 avril 2026, un moment hautement symbolique de son histoire urbaine avec le rebaptême de plusieurs de ses principales avenues. Par cette décision portée par les autorités communales, la capitale économique du Burkina Faso affirme sa volonté de valoriser son identité, d’honorer ses figures nationales et d’inscrire son développement dans une dynamique de souveraineté assumée.

Désormais, l’avenue Charles-de-Gaulle, repliant la place de la Nation à la place de la Femme, porte le nom d’avenue Capitaine Ibrahim TRAORÉ. Le boulevard Châlons-en-Champagne, axe stratégique entre la place de la Femme et le rond-point du Cinquantenaire, devient l’avenue de l’Alliance des États du Sahel (AES). Quant à l’avenue Gouverneur Louveau, elle est rebaptisée avenue de Sya, en référence au nom historique et affectif de Bobo-Dioulasso.

La cérémonie officielle a été présidée par Émile ZERBO, ministre d’État, ministre de l’Administration territoriale et de la Mobilité, en présence de Karamoko Jean Marie TRAORÉ, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération régionale et des Burkinabè de l’extérieur, ainsi que du président de la délégation spéciale de la commune, Laurent KONTOGOM.

Au-delà de l’acte administratif, cette initiative traduit une orientation politique et culturelle forte : donner aux espaces publics des noms qui parlent davantage aux générations présentes et futures.
Pendant longtemps, de nombreuses artères africaines ont conservé des appellations héritées de la colonisation ou de relations diplomatiques anciennes. Si ces noms ont marqué une époque, ils ne reflètent plus nécessairement les aspirations actuelles des peuples. En choisissant de mettre en avant des références nationales et régionales, Bobo-Dioulasso pose un acte légitime de réappropriation mémorielle.
Le choix du nom Capitaine Ibrahim TRAORÉ rend hommage à une personnalité contemporaine associée à la défense de la souveraineté nationale et au réveil patriotique. Celui de l’Alliance des États du Sahel consacre une vision de solidarité sous-régionale entre des peuples partageant des défis communs. Enfin, l’avenue de Sya rappelle l’enracinement culturel profond de la ville et la fierté de ses habitants.
Ce changement de dénomination apparaît ainsi comme une démarche cohérente et porteuse de sens. Une ville moderne ne se construit pas seulement avec des routes et des bâtiments, mais aussi avec des symboles fédérateurs. En redonnant à ses avenues des noms ancrés dans son histoire et ses ambitions, Bobo-Dioulasso envoie un message clair : celui d’une cité debout, consciente de son passé et résolument tournée vers l’avenir.
Ismaël KIEKIETA ✍🏼
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