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Burkina Faso: de la mécanisation à l’irrigation, l’État anticipe déjà les défis climatiques pour sécuriser la production agricole

Un adage dit : « L’homme propose, Dieu dispose ». Cette maxime prend tout son sens au Burkina Faso, où la rareté des pluies enregistrée dans certaines régions vient contrarier, cette année, les ambitions du gouvernement en matière de production agricole. Face à cette contrainte naturelle, l’État entend toutefois poursuivre ses efforts pour renforcer la résilience du secteur agricole et garantir durablement la sécurité alimentaire.

Toutefois, un phénomène naturel ne saurait occulter les actions déjà menées ou prévues par l’État en soutien au monde rural pour booster la production agricole. L’atteinte de la sécurité alimentaire fait partie des grandes priorités du Chef de l’État, le Camarade Capitaine Ibrahim TRAORÉ.

Déjà, pour la campagne 2023-2025, les agriculteurs ont reçu 1 261 tracteurs, 1 235 motoculteurs, 1 072 matériels de récolte, 777 semoirs, 1 880 motopompes et 1 545 cages flottantes pour la pisciculture.

Côté intrants, l’État a mis à disposition, pour les cultures, 160 560 tonnes d’engrais minéraux (NPK et urée), dont 70 000 tonnes en 2025, 10 665 tonnes de fumure organique et 87 588 litres de produits phytosanitaires. S’y ajoutent les semences : 30 328 tonnes de céréales (hors blé), 404 tonnes de blé, 1 771 tonnes de pomme de terre et 2 067 tonnes de semences fourragères. Pour l’élevage et la pisciculture, ce sont 24 684 tonnes d’aliments pour bétail, 7 825 tonnes d’aliments pour volaille, 4 362 tonnes d’aliments pour poissons et 160,6 millions d’alevins.

Enfin, pour la transformation et la conservation des récoltes, le gouvernement a fourni 37 matériels de transport de produits agropastoraux, 63 unités de transformation, 398 unités/kits d’étuvage de riz et 11 chambres froides, et construit une unité de surgélation de poisson. Ces actions, sous le leadership du Camarade Capitaine Ibrahim TRAORÉ, ajoutées aux investissements dans d’autres secteurs sur la même période, s’élèvent à environ 274 milliards de francs CFA de fonds publics.

Par ailleurs, dans le cadre de la prévention des effets de la rareté des pluies, en plus de la construction de retenues d’eau et les forages déjà engagés, l’État a également prévu dans le cadre de la poursuite des activités de curage des barrages, de doter l’ONBAH d’équipements de dragage. Le 1er mai 2026, lors du lancement des travaux de curage des barrages 1, 2 et 3 de Boulmiougou, à Ouagadougou, le Commandant Ismaël SOMBIE, Ministre d’État, Ministre de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, a annoncé cette nouvelle. Une fois acquis, ces équipements devraient permettre de restaurer la profondeur de retenue des barrages grâce à leur capacité d’aspirer les dépôts accumulés.

L’objectif du gouvernement est à la fois de restaurer les capacités de retenue d’eau à l’échelle nationale et de favoriser l’agriculture par irrigation, la culture de contre-saison et l’accès à l’eau potable. Selon les données officielles, sur les 973 barrages dont dispose le pays, 425, soit environ 44 %, sont en état de dégradation avancée en raison de l’ensablement et de certaines pratiques humaines.

L’ensemble de ces actions et orientations démontre que l’État burkinabè est conscient des enjeux du changement climatique et de ses effets sur la production agricole. Les décisions et démarches déjà entreprises visent donc à sortir d’une agriculture archaïque, dont la dépendance aux pluies saisonnières constitue la principale faiblesse. Les ambitions sont d’ailleurs claires avec l’offensive agropastorale, hydraulique et halieutique 2026-2028, pour laquelle près de 840 milliards de francs CFA d’investissement sont prévus afin d’atteindre la souveraineté alimentaire.

Lucien DAKISSAGA

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