Burkina_Faso/Transformer sur place pour consommer burkinabè : l’arme économique du Faso
Il y a une révolution silencieuse mais décisive qui s’opère aujourd’hui au Burkina Faso, celle de la transformation de ses propres produits. Longtemps contraint à exporter brut ce que sa terre lui offre de plus précieux par exemple le coton, le sésame, le karité, la mangue, l’anacarde, l’or pour le racheter ensuite transformé à prix d’or, le pays a choisi de rompre avec ce cycle d’aliénation économique. Sous l’impulsion du ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, la transformation locale, loin d’être un slogan, est devenu une réalité économique, une stratégie de souveraineté et un véritable tremplin du « Consommons burkinabè ».
Ce choix est éminemment stratégique. Transformer sur place, c’est créer de la valeur ajoutée là où elle doit l’être, c’est-à-dire au bénéfice direct du producteur burkinabè. C’est convertir une tonne de mangue qui pourrit faute de débouchés en jus, en séchée, en confiture exportable. C’est faire du karité ramassé par les femmes rurales une industrie cosmétique et pharmaceutique à haute valeur marchande.
C’est transformer le coton, fleuron national, en fil, en tissu, en prêt-à-porter, et capter ainsi les marges considérables qui échappaient jusque-là au pays. Chaque unité de transformation installée, chaque petite et moyenne industrie encouragée, c’est une pluie de valeur ajoutée qui s’abat sur l’économie nationale, ce sont des emplois créés pour la jeunesse, des compétences transférées, des devises économisées et des devises engrangées.
Il faut saluer à sa juste mesure la clairvoyance de cette politique volontariste portée sous le leadership du Capitaine Ibrahim TRAORÉ, Président du Faso. En faisant de la souveraineté économique le corollaire indispensable de la souveraineté politique et sécuritaire, le Chef de l’État a replacé l’économie au service du peuple. L’initiative gouvernementale de mettre l’accent sur la transformation n’est pas une simple mesure conjoncturelle, c’est un changement de paradigme. Elle vise à bâtir une économie endogène, résiliente, capable de nourrir, de vêtir et de soigner les Burkinabè par les Burkinabè eux-mêmes.
Le « Consommons burkinabè » cesse alors d’être un acte de patriotisme sentimental pour devenir un acte économique rationnel et puissant. Consommer ce que nous transformons, c’est financer nos propres usines, c’est sécuriser le revenu de nos paysans, c’est donner du sens au labeur de nos artisans et de nos industriels. C’est surtout refuser que le Burkina reste l’éternel réservoir de matières premières bon marché pour les industries d’ailleurs.
Certes, le chantier est immense. Il exige des infrastructures énergétiques, une logistique adaptée, un accès facilité au financement pour les transformateurs locaux et une lutte sans merci contre la concurrence déloyale. Mais la dynamique est lancée, et elle est irréversible. En choisissant de transformer pour mieux consommer, et de consommer pour mieux produire, le Burkina Faso ne fait pas que créer de la richesse, il reprend en main son destin.
Soumoubienkô KI
