Affaire Alino Faso : le procureur ivoirien entre mensonge et communication maladroite se démène sur un plateau télé
Sur le plateau de la chaîne ivoirienne NCI, le procureur de la République près le tribunal de première instance d’Abidjan, Koné Braman Oumar, a livré une déclaration qui restera comme un monument de cynisme. Selon lui, Alino Faso, décédé en détention, aurait été « logé » à l’école de gendarmerie pour sa sécurité, bénéficiant du « meilleur traitement », avec droit au petit déjeuner, au déjeuner, au dîner, à la télévision et même au choix de son menu.
Face à une nation choquée, le procureur n’a pas apporté la moindre explication crédible sur les circonstances exactes de la mort. Pas un mot clair sur la cause du décès, encore moins sur les responsabilités. En lieu et place de vérité, il offre à l’opinion un récit de confort carcéral grotesque, comme si quelques repas et une télévision pouvaient masquer une mort suspecte. Cette manière de fuir les questions relève non seulement de l’insulte pure à la mémoire du défunt et à la douleur de sa famille.
Un procureur digne de ce nom aurait présenté ses condoléances et promis une enquête transparente. Mais ici, tout transpire l’embarras, l’opacité et la manipulation. À force de minimiser les faits et de noyer le public sous des détails futiles, Koné Braman Oumar se place de lui-même dans le camp des suspects. Car comment un homme prétendument bien traité meurt-il dans un environnement placé sous contrôle étroit de l’État ? Comment un « détenu protégé » disparaît-il ainsi, si ce n’est par la main de ceux qui avaient justement la charge de sa sécurité ?
Le regard des journalistes sur le plateau en dit plus long que les mots : incrédulité, mépris, consternation. Et il faut dire les choses, ce procureur ment. Il ment à la population, il ment à la justice, et il croit pouvoir s’en sortir avec des phrases creuses et des images mensongères. Mais il ne trompe personne.
La vie humaine est sacrée. Alino Faso est mort en détention, sous l’autorité directe de l’État ivoirien. Il ne s’agit pas d’un fait divers, mais d’un crime dont la vérité sera tôt ou tard mise à nu. Les mensonges d’aujourd’hui ne protégeront personne demain, ni face à la justice humaine, ni face à la justice divine.
Marina ✍🏼