[#Burkina_Faso] FILO 2025 : ‹‹ Il n’y a pas de souveraineté véritable sans souveraineté intellectuelle et culturelle››, Rimtalba Jean Emmanuel OUÉDRAOGO

La 18ᵉ édition de la Foire Internationale du Livre de Ouagadougou (FILO) a ouvert ses portes ce mardi 25 novembre 2025 dans la capitale burkinabè, réunissant des acteurs du monde littéraire : auteurs, écrivains, libraires, éditeurs, imprimeurs, bibliothécaires ainsi que des passionnés de littérature africaine. La cérémonie de lancement officiel a été présidée par le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel OUÉDRAOGO, représentant du Président du Faso, Chef de l’État, Son Excellence le Capitaine Ibrahim TRAORÉ.

Elle s’est tenue en présence du ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert OUÉDRAOGO, de son homologue du Niger, Ben Salah HAMOUDA, ministre de la Refondation, de la Culture et de la Promotion des Valeurs sociales, ainsi que de plusieurs membres du gouvernement, de responsables d’institutions et de diplomates, rehaussant la dimension internationale de cet événement culturel majeur.

Placée sous le thème : ‹‹ Livre, identités culturelles et souveraineté nationale ››, cette édition qui se tient du 25 au 30 novembre 2025, vise à replacer la culture de la lecture au cœur de la société burkinabè, avec pour ambition une nation dont les fondements reposent désormais sur le savoir et le culte de l’intellect. Le Premier ministre, dans sa lecture du discours du Président du Faso, a rappelé que ce thème s’inscrit au cœur de la dynamique engagée pour bâtir un Burkina Faso souverain, digne, enraciné dans ses valeurs et ouvert sur le monde.

‹‹ Il n’y a pas de souveraineté véritable sans souveraineté intellectuelle et culturelle. Un peuple peut posséder des armes et des richesses, mais s’il perd la maîtrise de sa pensée, de son histoire et de ses valeurs, il devient fragile et dépendant. La première indépendance est celle de l’esprit et c’est le livre qui, depuis les origines, porte cette indépendance dans le cœur des hommes libres ››, a-t-il soutenu.

Évoquant la situation nationale marquée par la résistance face à l’obscurantisme violent, le Chef du gouvernement a indiqué : ‹‹ …la bataille pour notre survie ne se joue pas seulement sur le champ militaire. Elle se mène aussi dans les esprits et les consciences. Nous devons donc livrer avec la même détermination la bataille du savoir, de la connaissance et de la pensée libre ››. Il a ajouté également:

‹‹ J’ai foi en la capacité du livre comme une arme, à la fois pacifique et puissante, qui désarme la peur par la compréhension, détruit l’ignorance par la lumière du savoir et libère l’homme des chaînes invisibles de la dépendance mentale et de la servitude culturelle ››. Et de conclure : ‹‹ …L’obscurantisme prospère là où la pensée s’éteint. C’est en cela que la lecture, la culture et le savoir sont pour nous des armes de résistance et des outils de victoire ››.

De son côté, le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert OUÉDRAOGO, a exprimé sa gratitude au Président du Faso, Chef de l’État, Son Excellence le Capitaine Ibrahim TRAORÉ, pour son soutien à la tenue de cette 18ᵉ édition qui, selon lui, ‹‹ est la preuve de son grand attachement au culte et à la quête du savoir ››.

Le ministre a rappelé que la FILO est un rendez-vous majeur de l’agenda culturel national depuis sa première édition, tenue en l’an 2000, consacrant l’entrée du Burkina Faso dans le millénaire du livre. ‹‹ Cette édition du 25ᵉ anniversaire de la FILO est le témoignage d’une belle et riche aventure intellectuelle et culturelle marquée par notre attachement au savoir et notre foi en la culture.

Cela fait 25 ans d’efforts constants et patients pour bâtir, à partir du livre, un espace de rencontre, de réflexion, de partage et d’enrichissement mutuel à travers et par les œuvres de l’esprit. Au fil du temps, la FILO s’est enracinée dans le cœur des Burkinabè et s’est imposée comme un phare de la pensée africaine, le lieu de la rencontre entre la plume et la parole, la mémoire et l’avenir ››, a-t-il déclaré.

En marge de cette cérémonie d’ouverture, neuf acteurs dont les actions ont contribué à la promotion de la littérature burkinabè ont été décorés de l’Ordre du Mérite, des Arts, des Lettres et de la Communication, avec agrafe littérature orale et écrite dont l’ambassadeur du Japon à titre exceptionnel.

Le parrain de cette édition, le Président du Conseil d’administration de Coris Bank International et Président du Patronat burkinabè, Idrissa NASSA, a souligné l’importance de la lecture pour toute société aspirant à la grandeur. ‹‹ Sans savoir, aucune communauté ne peut espérer grandir ou prospérer ››, a-t-il déclaré. Il a réitéré le soutien des acteurs du secteur privé aux initiatives gouvernementales visant à promouvoir et à développer le livre au Burkina Faso.

Cette 18ᵉ édition de la FILO enregistre 122 acteurs en compétition pour le Grand Prix, 785 participants aux Olympiades littéraires et environ 8 000 festivaliers attendus durant les cinq jours. L’innovation majeure est la création du Grand Prix FILO de l’Intégration de l’AES. On note également la présence de délégations venues de plusieurs pays dont le Niger, le Mali, la Côte d’Ivoire, le Gabon, la Türkiye et l’Iran, pays invité d’honneur.

Entre prestations artistiques et animations culturelles, la cérémonie s’est achevée par la coupure du ruban, la visite des stands d’exposition par le Premier ministre et les autorités présentes, ainsi que l’inauguration officielle d’une infrastructure offerte par l’Ambassade du Japon, réalisée grâce au concours de l’Association Littérature sans Frontières.

Cette infrastructure, d’un coût de plus de 81 millions de FCFA, est entièrement équipée, comprenant notamment une salle de lecture et une bibliothèque.

Lucien DAKISSAGA ✍️

#FasoVoxpress

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