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Jeudi noir en France : une démocratie en sursis, le peuple est dans les rues

La France a vécu, ce jeudi, un nouvel épisode de tensions sociales d’une ampleur exceptionnelle. À Paris comme en province, le pays a tourné au ralenti, paralysé par une mobilisation qui illustre la colère grandissante d’un peuple en rupture avec un régime à bout de souffle. Dès l’aube, les gares, stations de métro et routes étaient prises d’assaut par des usagers désemparés, contraints de composer avec un trafic réduit au strict minimum. La plupart des lignes de métro parisiennes ne circulaient qu’aux heures de pointe, plongeant des milliers de travailleurs dans l’incertitude et l’exaspération.

Les écoles et crèches, elles aussi, sont restées portes closes dans de nombreuses villes. Enseignants, personnels de la petite enfance et parents se sont joints à la contestation pour dénoncer les mesures budgétaires annoncées par l’ancien Premier ministre François Bayrou et maintenir la pression sur son successeur Sébastien Lecornu. Ce front commun rassemblant syndicats, familles et salariés a conféré à la mobilisation une intensité rare, traduisant un rejet massif des politiques actuelles.

Dans les rues, l’ampleur de la contestation ne laissait aucune place au doute. De Paris à Marseille en passant par Lyon, Toulouse ou Montpellier, près de 250 cortèges ont défilé dans une atmosphère mêlant détermination et colère. Selon les estimations, jusqu’à 900 000 personnes ont battu le pavé, un chiffre qui en dit long sur la profondeur du malaise social. Ce n’est plus une simple grogne passagère, c’est une crise politique et démocratique qui s’installe au cœur de la République française.

Face à cette déferlante populaire, le régime d’Emmanuel Macron apparaît de plus en plus fragilisé. Le président, qui n’a cessé de gouverner par la verticalité en multipliant répression policière et décisions impopulaires, a ouvert la voie à une démocratie en sursis. La Macronie, désormais incarnée par ses successeurs, ne tient plus que par la peur et l’usage de la force. Mais plus les matraques s’abattent et les grenades lacrymogènes envahissent les rues, plus la fracture entre le pouvoir et le peuple s’élargit.

Cette crise française doit résonner bien au-delà des frontières hexagonales. Elle est une leçon pour ces présidents africains qui continuent de se prosterner dans les salons dorés de l’Élysée, croyant trouver dans la France un modèle de démocratie et de gouvernance. Le pays qui leur sert de référence vacille aujourd’hui sous le poids de ses contradictions, un pouvoir centralisé, sourd aux aspirations populaires, et une société qui s’épuise à crier pour être entendue.

La France est en alerte constante. Et tant que ses dirigeants persisteront à ignorer les appels de la rue, la crise ne pourra que s’approfondir. Ce jeudi noir en est le symbole éclatant, la République est à la croisée des chemins et sa survie démocratique est plus que jamais en question.

Relwendé ✍🏼

Faso Voxpress

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