Burkina Faso: Quelle place pour les hommes politiques dans la révolution ? Le Capitaine TRAORÉ tranche
Le Président du Faso, Chef de l’État, a été on ne peut plus clair sur la place et le rôle des acteurs politiques dans la Révolution Progressiste Populaire (RPP) en cours : « Je ne vais pas être hypocrite encore. Si cette mentalité politique » (faisant référence aux agissements des hommes politiques sous les régimes précédents, ndlr) perdure, ils n’ont pas de place dans la révolution. C’est opposé », a-t-il répondu d’emblée, avant de dépeindre le comportement de ses acteurs qui ont présidé aux destinées de la nation avant son arrivée au pouvoir.
Dans son grand entretien diffusé le 28 septembre, le Chef de l’État a indiqué que du règne de Blaise Compaoré au pouvoir du MPP de Roch Marc Christian Kaboré jusqu’en 2022, c’était la même politique de corruption et d’interférence à longue portée dans la société. « Notre génération est née dedans et les gens ont grandi avec une mentalité : si tu ne connais pas quelqu’un, tu ne peux pas avoir accès à certains services. Tout le monde a évolué avec cet esprit de deal, de corruption, et c’est dangereux », a-t-il dénoncé, imputant cette faille de la société aux hommes politiques, jusqu’à la naissance « des jeunes entrepreneurs politiques qui ont l’art de parler et de flatter ».
« C’est quoi la politique en Afrique ? » s’est-il interrogé. « Si vous êtes quelqu’un qui a l’art de mentir, de tromper, de flatter, si vous regroupez tous les vices, vous êtes un bon politicien. » Cette affirmation a fait sourire les journalistes. Le Capitaine Ibrahim TRAORÉ a ajouté une anecdote du village : « C’est la réalité. Nous, au village, quand on voyait quelqu’un qui était un trompeur et qui ne disait pas la vérité, on disait que lui, c’était un politicien. »
Il a appelé à un changement de mentalité afin que « personne ne pense qu’il faut appartenir à tel parti pour avoir une route ou un forage. Tout le monde doit bénéficier des bienfaits de la terre du Burkina et du travail du gouvernement ».
Toutefois, il a précisé que certains hommes politiques ont été nommés à des postes de responsabilité : « On n’est pas là pour diviser, mais pour unir. Tant que la personne a compris et est prête à faire le travail comme il se doit, on la met en place. Comme il y a certains autres qui, deux ou trois mois après leur nomination, ont été démis de leurs fonctions parce que, s’ils viennent et veulent continuer ce qu’ils faisaient avant, on va les chasser et ils seront punis », a-t-il souligné.
Pour le Chef de l’État, l’objectif de la Révolution ne peut être atteint sans un changement de mentalité : « Tous ceux qui changeront de mentalité sont les bienvenus dans le bateau, mais si vous voulez continuer comme sous l’ancienne politique, vous n’avez pas de place dans la Révolution. »
Wendyam ✍️
Faso Voxpress
