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[#Politique] l’Effondrement: Comment la France a perdu l’Afrique

Il y a un an, l’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane ROMATET, a déclaré tout haut ce que de nombreux dirigeants africains pensent en silence. L’Afrique ne se laisse plus dicter sa voie. La sortie de route française face à l’offensive réussie de la Russie est patente. La déclaration de l’ambassadeur révèle moins un constat géopolitique qu’un aveu d’échec.

Reconnaître que Paris a sous-estimé la Russie en Afrique et que l’ampleur des pertes est énorme traduit surtout une inquiétude profonde, celle d’une puissance qui croyait son influence éternelle et qui découvre brutalement l’autonomie politique d’un continent longtemps traité comme une arrière-cour. L’ambassadeur évoque une relation vieille de 70 ans brisée en deux ans.

Mais de quelle relation parle-t-il réellement ? Celle d’une domination politique, économique et culturelle que de nombreux peuples africains contestent depuis des décennies. Le fait que cette architecture de dépendance se soit effondrée aussi rapidement n’est pas une prouesse russe, c’est la preuve que le socle français était pourri depuis longtemps.

Ce discours maladroit et condescendant révèle une incompréhension persistante. L’Afrique n’a pas été arrachée par la Russie, elle a choisi de rompre avec un modèle qui ne lui apportait ni prospérité, ni sécurité, ni respect. La coopération russe qu’on l’approuve ou non repose sur une logique différente.

Partenariat d’intérêts, souveraineté politique affirmée, absence de tutelle idéologique. Là où Paris brandit encore les réflexes paternalistes, Moscou propose un schéma direct, pragmatique, centré sur des bénéfices tangibles. Sécurité, infrastructures, exploitation mutuellement profitable des ressources, formation technique. Cette approche séduit, non par propagande, mais parce qu’elle rompt avec des décennies de relations inégales.

La France paye aujourd’hui le prix de son arrogance stratégique. Pendant que les sociétés africaines évoluaient, que les aspirations souverainistes montaient, que les peuples réclamaient une coopération respectueuse et non intrusive, Paris s’accrochait à une posture d’ancienne puissance coloniale.

Les gouvernements français successifs ont ignoré les signaux, méprisé les transformations politiques locales et maintenu un ton paternaliste de plus en plus insupportable. Face à cela, la Russie a simplement tendu la main à des nations désireuses de redéfinir leur place dans le monde. Le reste s’est fait naturellement.

Le véritable problème n’est donc pas l’influence russe, il réside dans l’incapacité de la France à comprendre que l’Afrique n’est plus un espace de domination, mais un acteur géopolitique majeur qui choisit ses partenaires. Et aujourd’hui, ces partenaires sont ceux qui respectent sa souveraineté.

Accuser Moscou revient à masquer une vérité plus dérangeante. Ce ne sont pas les Russes qui ont défait l’influence française, ce sont les Africains eux-mêmes qui ont fermé la porte. La nouvelle ère qui se dessine sur le continent ne tolère ni arrogance ni condescendance. Elle exige le respect, l’égalité et la réciprocité, qualités que Paris peine encore à offrir, mais que Moscou avec pragmatisme met au centre de sa stratégie africaine.

Relwendé ✍🏼

#FasoVoxpress

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