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Sommet militaire trilatéral à Cotonou : que vient réellement faire la France à une réunion Ouest africaine ?

Ce jeudi 19 mars 2026, la ville de Cotonou accueille un sommet militaire trilatéral réunissant le Bénin, la Côte d’Ivoire et, fait troublant, la France. Officiellement, il s’agit de coordonner la lutte contre le terrorisme dans une sous-région sous pression. Mais une question s’impose avec acuité, que fait réellement la France dans une rencontre censée concerner des pays ouest-africains ?

La France n’est pas un pays de la sous-région. Pourtant, elle s’invite une fois de plus au cœur des dispositifs sécuritaires africains. Derrière les discours bien rodés sur “l’expertise” et le “savoir-faire”, nombreux sont ceux qui voient une volonté persistante de maintenir une influence stratégique dans des États souverains. Cette présence n’est ni neutre ni anodine. Elle ravive le souvenir encore vif d’interventions controversées et de politiques jugées paternalistes.

Ce sommet, loin d’être anodin, soulève de sérieuses inquiétudes. Il laisse entrevoir une possible campagne de repositionnement stratégique de la France dans une région où elle perd progressivement du terrain. Plus grave encore, il alimente les soupçons d’une tentative de déstabilisation indirecte, en influençant les choix sécuritaires et politiques de certains États.

Dans un contexte marqué par une montée de la conscience souverainiste en Afrique, notamment au sein des pays de l’AES, ce type d’initiative sonne comme une provocation. Pourquoi une concertation sécuritaire régionale devrait-elle inclure une puissance extérieure dont les interventions passées ont laissé des traces profondes et controversées ?

La lutte contre le terrorisme est une nécessité. Mais elle ne doit en aucun cas servir de cheval de Troie à des agendas étrangers. Les États africains ont les capacités, les ressources humaines et l’intelligence stratégique pour organiser eux-mêmes leur sécurité, sans ingérence.

Il est temps d’ouvrir les yeux. Ce sommet en présence de la France ne doit pas être perçu comme un simple cadre de coopération, mais comme un signal d’alerte. Les pays africains, et en particulier ceux de l’AES, doivent faire preuve d’une vigilance accrue. Car derrière les alliances affichées, pourraient se jouer des dynamiques contraires aux intérêts réels des peuples.

Kaki ✍🏼

#FasoVoxpress

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