Union_Européenne/Rupture historique AES-France : Quand le député belge Marc BOTENGA dénonce à Bruxelles ce que le Sahel a toujours su

Le retrait de la France du Sahel constitue un signal fort, marquant le repositionnement stratégique des États de l’Alliance des États du Sahel (AES) et leur volonté assumée de prendre en main leur destinée. Il est l’aboutissement d’une prise de conscience continentale, amplifiée par des voix désormais audibles au sein même des institutions européennes.

Devant le Parlement européen, le député belge Marc BOTENGA a mis des mots sans détour sur ce que nombre d’Africains dénoncent depuis des décennies. Il a décrit un système où plusieurs pays européens, la France en tête, ont bâti une partie de leur prospérité sur l’exploitation des immenses ressources naturelles du Sahel, tout en maintenant les populations dans une pauvreté structurelle.

Tandis que l’or, l’uranium, le pétrole et d’autres richesses quittaient le sol burkinabè, malien, nigérien et celui de bien d’autres États africains, ces mêmes puissances alimentaient un autre trafic : celui des armes, déversées dans la région pour attiser les foyers de tension et armer des groupes terroristes.

Cette mécanique, identifiée par le député comme une réplique contemporaine du vieux principe « diviser pour mieux régner », révèle la duplicité d’un partenariat qui se présentait comme sécuritaire et humanitaire. L’aide militaire promise se muait, dans les faits, en carburant pour une guerre sans fin.

En armant simultanément des États et, de façon indirecte, leurs ennemis, l’ancien partenaire s’assurait de rester indispensable, tout en préservant ses intérêts économiques et géostratégiques. Le constat dressé par Marc BOTENGA ne fait que confirmer ce que les peuples du Sahel savent déjà. Il lève le voile sur une architecture de domination qui a prospéré pendant des décennies sur l’instabilité et le sang versé.

Face à cette réalité, les dirigeants de l’AES ont opéré une rupture historique. Le Capitaine Ibrahim TRAORÉ, Président du Faso, le Général d’Armée Assimi GOÏTA, Président du Mali, et le Général Abdourhamane TIANI, Président du Niger, ont choisi de couper le cordon ombilical qui liait leurs nations à l’ancien ordre. Cette décision n’est pas un repli, mais une affirmation.

Elle traduit la volonté de reprendre en main la destinée de leurs peuples, de définir leurs propres priorités sécuritaires et de bâtir des partenariats fondés sur le respect mutuel, la transparence et la réciprocité. En mettant fin à une tutelle déguisée, les trois chefs d’État assument la responsabilité première qui incombe à tout dirigeant : protéger sa population et défendre sa souveraineté.

Le retrait de la France signe ainsi l’épuisement d’un modèle. L’hégémonie qui s’exerçait sur cette partie de l’Afrique, masquée par le discours de l’aide et de la coopération, appartient désormais au passé. Le Sahel a engagé sa marche vers la dignité. Il réorganise sa défense, diversifie ses alliances et place la valorisation de ses ressources au service de son développement.

Les peuples, longtemps spectateurs de décisions prises ailleurs, deviennent acteurs de leur propre trajectoire. L’exploitation du sous-sol ne peut plus se concevoir sans retombées directes pour les communautés, et la sécurité ne saurait être déléguée à des forces extérieures aux agendas ambigus.

L’intervention du député Marc Boateng devant le Parlement européen agit comme un révélateur. Elle montre que la lucidité gagne aussi les cercles de décision occidentaux et que le narratif unique s’effrite. Pour le Sahel, l’heure n’est plus à la dénonciation stérile, mais à la construction. La souveraineté retrouvée impose des exigences nouvelles en matière de gouvernance, de justice sociale et d’unité.

C’est à ce prix que le chemin de la dignité, résolument emprunté par les trois États de l’AES, conduira au bonheur des populations. L’Afrique, et le Sahel en particulier, a trop souffert des prédations du passé pour ne pas saisir ce moment historique comme celui de sa renaissance.

Somborignan✍️

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