Burkina Faso/Journée des coutumes et traditions: la tradition du fer renaît avec l’espace ‹‹ KUDUGU ›› au Musée national
La Journée des coutumes et traditions, célébrée ce vendredi 15 mai 2026, a été d’une richesse inestimable. Dans l’après-midi de cette journée, le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert OUÉDRAOGO, aux côtés du directeur général du Musée national, Sabari DAO, a procédé à l’inauguration de l’espace « KUDUGU », un espace de forge doté de deux fourneaux, dont un haut fourneau, au Musée national du Burkina Faso, sis dans la capitale, Ouagadougou.
Au pays des Hommes intègres, la célébration des coutumes et traditions, au-delà des rites cultuels observés dans la matinée sous la houlette des garants de la tradition, constitue également une journée de transmission des savoirs endogènes. Dans la volonté d’enrichir le patrimoine local, le SĀANABA BOUNDA, plus connu sous le nom de l’artiste-conteur KPG, par ailleurs Trésor humain vivant, a offert au Musée national ces deux fourneaux regroupés au sein de l’espace « KUDUGU ».

Ce cadre, à la fois lieu de rites cultuels et espace de forge pour la transformation de certains minerais en fer, contribuera à la transmission des savoirs et savoir-faire aux jeunes générations. « C’est un espace de transmission, un espace pédagogique afin de permettre à la nouvelle génération, aux jeunes, aux enfants et même aux personnes âgées de bénéficier du savoir-faire autour de la forge », a indiqué le SĀANABA BOUNDA.

Selon lui, cette initiative permettra également de rappeler « à la nouvelle génération que les anciens connaissaient déjà le fer, ainsi que les mécanismes et techniques permettant de le produire au service de la population ».
Le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme a salué la portée de ce projet dans la transmission des savoir-faire, des valeurs endogènes et des traditions. « Nous avons tenu à être présents pour vivre de bout en bout le cérémonial qui a révélé la technique d’extraction du fer à travers les hauts fourneaux, une science détenue exclusivement par les Africains depuis des millénaires », a-t-il souligné, ajoutant que cette technologie a permis la fabrication d’outils, notamment des armes de défense et des instruments agricoles.

Rappelant les effets néfastes de la colonisation sur la perte de certains savoir-faire endogènes, le ministre a invité le peuple burkinabè à être fier de son histoire, à se la réapproprier et à vivre pleinement sa culture afin de mieux s’affirmer et porter cette fierté d’appartenir à l’Afrique, le berceau de l’humanité. Se déclarant « édifié », le ministre a traduit ses félicitations à l’initiateur du projet, le SĀANABA BOUNDA, et rendu hommage à toutes les personnes œuvrant à la pérennisation des savoirs endogènes. Il a également exhorté la jeunesse à s’intéresser davantage aux coutumes et traditions, qu’il considère comme porteuses de science et de valeurs ancestrales.
De son côté, l’enseignant-chercheur à l’université Joseph Ki-ZERBO, au département Histoire et Archéologie, Dr Lassina SIMPORÉ, a animé une communication sur le thème « Métallurgie traditionnelle et mystère de la forge ». Il a rappelé l’importance de l’histoire dans la construction de l’avenir des peuples. S’agissant de la forge, il a affirmé que les recherches menées au plan national ont permis de découvrir que cette pratique existait déjà huit siècles avant Jésus-Christ sur une terre dont la présence humaine remonte à plus de 400 000 ans.

En prélude à la cérémonie, plusieurs citoyens burkinabè, munis de coqs, ont procédé à des offrandes sur l’autel sacré de la forge, formulant des prières de santé, de protection et de prospérité. En marge de la cérémonie, une démonstration de marche sur le feu a tenu en haleine les participants. Cette pratique traditionnelle, chargée de symbolisme, illustre la richesse des expressions culturelles liées aux rites ancestraux.
En dotant le Musée national de hauts fourneaux dédiés à la métallurgie du fer, le SĀANABA BOUNDA, artiste-conteur KPG et Trésor humain vivant, s’engage à pérenniser les savoir-faire endogènes au service de la nation tout entière.
Lucien DAKISSAGA ✍️
Crédit photo : BOUBIE Benjamin BATIONO
