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Burkina Faso/ Industrialisation du Sahel : À Sankoré, la culture africaine comme moteur de la refondation 

Le 19 juillet 2026, l’Université Sankoré a vibré au rythme d’une conférence publique exceptionnelle, marquant la célébration du Nouvel An Kamit 6263. Placée sous le thème évocateur : « Industrialisation et opportunités démographiques au Sahel à l’ère des fractures géopolitiques », la rencontre a réuni autorités coutumières, universitaires, étudiants et populations venues nombreuses pour réfléchir ensemble à l’avenir du continent. L’événement a été parrainé par le ministre de l’Enseignement secondaire, de la Formation technique et professionnelle, le Pr Moumouni ZOUNGRANA, représenté par son chargé de mission, le Dr Barthélémy KABORÉ.

La cérémonie s’est ouverte dans un élan patriotique vibrant avec l’intonation du Ditanyè, l’hymne national du Burkina Faso. Un symbole fort pour des acteurs qui placent l’enracinement africain au cœur de toute projection vers l’avenir.

À l’ouverture des travaux, le président du comité d’organisation a rappelé que chaque 19 juillet, le Mouvement Kamit marque une halte pour organiser des activités de réflexion et de sensibilisation. Il a souligné que le succès des Universités Sankoré repose sur l’engagement collectif de tous les acteurs et partenaires mobilisés autour de cette vision ambitieuse.

Prenant la parole, le coordonnateur du Mouvement Kamit, Imhotep BAYALA dont la devise résonne comme un engagement : « Deux heures pour nous, deux heures pour Kamita » a souhaité la bienvenue aux participants et planté le décor idéologique de cette célébration.

Pour lui, le choix du thème n’est pas fortuit. Il s’agit d’accompagner les initiatives d’industrialisation en cours au Burkina Faso sous la conduite éclairée du Capitaine Ibrahim TRAORE, Président du Faso, avec la création de multiples unités industrielles sur le territoire. « Les puissances d’hier nous prédisent l’apocalypse pour l’Afrique. Il est temps pour nous de conquérir notre souveraineté intellectuelle pour garantir la pérennité et la vitalité du continent », a-t-il martelé avec conviction.

Revenant sur les leçons de l’histoire, Imhotep Bayala a insisté sur la nécessité pour l’Afrique de réécrire son récit à partir de sa propre conscience. « L’impérialiste a injecté un poison spirituel pour que le Noir ait honte de ses valeurs ancestrales. Pourtant, le Noir est le berceau de l’humanité. L’Afrique possède un savoir en politique, en mathématiques, en philosophie, en droit qu’il faut valoriser et pérenniser », a-t-il soutenu, provoquant l’approbation de l’assistance.

Pour le coordonnateur, restaurer un calendrier africain en usage depuis des millénaires avant Jésus-Christ, c’est restaurer l’histoire réelle de l’Afrique. « Nous préparons les générations futures à assumer pleinement leur histoire et leur avenir. Nous avons décidé d’arracher nos esprits du contrôle de nos bourreaux d’hier. Nous proclamons notre liberté », a-t-il affirmé avec une emphase saluée par l’auditoire. Citant l’exemple de la Chine, il a plaidé pour que la culture devienne le pilier central du développement africain.

Saluant l’initiative du Togo, qui prépare un colloque international sur le Nouvel An africain, Imhotep Bayala a réitéré le vœu solennel du Mouvement Kamit : « que le camarade Président du Faso, Ibrahim TRAORE, déclare le calendrier Kamit comme repère du temps africain pour assurer la souveraineté du Burkina et de l’Afrique ». Il a enfin invité l’ensemble des participants à devenir les artisans de « cette nouvelle vision d’une Afrique nouvelle ».

La conférence a été ponctuée de prestations artistiques qui ont permis aux participants de communier dans une ambiance chaleureuse et conviviale, mêlant réflexion et célébration.

Au-delà de la commémoration, le Nouvel An Kamit 6263 à Sankoré aura surtout servi de cadre unique pour lier culture, démographie et industrialisation. Un plaidoyer vibrant pour que le Sahel transforme son potentiel humain en levier de développement, dans un monde en pleine recomposition géopolitique. Une invitation à puiser dans les racines pour mieux bâtir l’avenir.

Soumoubienkô KI

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