Burkina Faso/Guerre informationnelle : l’importance de la mise en place d’une stratégie commune de communication de l’AES au cœur d’un Forum
La Confédération des États du Sahel (AES) veut s’armer de ses plumes à Ouagadougou pour faire face à la guerre de communication menée contre ses intérêts. Ce mercredi 7 octobre 2026, s’est ouvert dans la capitale burkinabè le Forum des acteurs des médias et de la communication de la Confédération des États du Sahel.
Cette rencontre, qui réunit les directeurs généraux des agences d’information, des médias publics et privés, les chercheurs en sciences de l’information et de la communication, les journalistes et les communicants, a pour but de parvenir à une feuille de route commune, afin que l’information et la communication produites contribuent fortement à préserver les intérêts de la Confédération.

Il est de plus en plus admis que la communication est devenue une arme invisible et silencieuse au service de certaines visées de domination sur les peuples. Dans un contexte sahélien marqué par le vent souverainiste porté par les trois chefs d’État de l’AES, parvenir à un consensus sur les contenus informationnels et communicationnels devient une urgence capitale.

Le Forum, qui se tient sous le thème principal « Médias et souveraineté de la Confédération des États du Sahel », vise donc cet objectif. Patronné par le Président de la Commission nationale de la Confédération des États du Sahel (CN-CES), le Camarade Bassolma BAZIÉ, il a été ouvert par une adresse dans laquelle celui-ci a indiqué que « l’information est à l’esprit ce que la Kalash est au front. C’est l’arme la plus précieuse dans la bataille que l’AES engage pour l’affirmation pleine et entière de la souveraineté et de l’indépendance de nos États ».

Pour lui, depuis les années 1980, « de puissants médias conquérants de pays développés inondent le reste du monde de leurs images, voix, analyses, cultures et modes de vie, qui ne sont rien d’autre que des outils, des soft powers qui servent des projets d’asservissement permettant la recolonisation clandestine de nos États ».
Face à ce constat, le Camarade Bassolma BAZIÉ a appelé à la mise en place d’une puissance éditoriale indépendante, capable de porter le regard de l’AES sur l’Afrique et le monde.

Pour sa part, le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, porte-parole du gouvernement, le Camarade Pingdwendé Gilbert OUÉDRAOGO, a invité l’ensemble des participants à mutualiser leurs efforts dans le partage d’expériences, à renforcer les capacités des acteurs face aux enjeux de la désinformation et de la guerre informationnelle, et à promouvoir une stratégie de communication concertée ainsi que la production de contenus valorisant les réalités et les initiatives sahéliennes.
Par l’organisation de ce forum, les autorités de l’AES, en collaboration avec les professionnels de l’information et de la communication, entendent contribuer, dans les meilleurs délais, à l’élaboration d’une politique de souveraineté informationnelle de la Confédération, à l’appui au développement des médias, à l’édification d’une charte des journalistes de l’AES et à la promotion d’une culture commune de l’information et de la communication.
Lucien DAKISSAGA
