| |

Burkina Faso/ Coopération régionale : l’AES en diplomatie unique pour des négociations avec la CEDEAO dans le strict respect de ses intérêts

Les chefs de la diplomatie de la Confédération des États du Sahel (AES) sont en conclave ce vendredi 16 octobre 2026 à Ouagadougou, dans le cadre des préparatifs du dialogue entre l’espace confédéral et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), prévu à Dakar, au Sénégal. Cette rencontre du comité ministériel de pilotage réunit les experts, ambassadeurs et hauts fonctionnaires de l’espace, en vue de valider l’approche confédérale commune pour mener à bien les négociations, dans le strict respect des intérêts des populations des deux entités de la région ouest-africaine.

Entre la CEDEAO et l’AES, l’heure est venue d’un dialogue constructif, afin de préserver les acquis de coopération et de bon voisinage entre les pays et les peuples des deux organisations.

Alors qu’un cadre de dialogue et de négociation est prévu à Dakar, les chefs de la diplomatie de la Confédération, à savoir le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Jean Marie Karamoko TRAORÉ, son homologue malien, Abdoulaye DIOP, et celui du Niger, Bakary Yaou SANGARÉ, réunis au pays des Hommes intègres, veulent s’accorder sur un principe essentiel : que l’AES soit représentée par une délégation unique, qui porte la voix de l’ensemble de ses pays membres.

Dans son discours d’ouverture, le Chef de la diplomatie burkinabè, Jean Marie Karamoko TRAORÉ, a souligné d’emblée qu’il ne s’agit pas d’une démarche visant à réintégrer la CEDEAO, comme le véhiculent déjà certains organes de presse. « La page que nous sommes en train d’ouvrir est celle de la formalisation de nouveaux rapports, en tenant compte de ces deux entités distinctes, à savoir la Confédération des États du Sahel et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, qui constituent désormais deux entités qui vont composer le bloc ouest-africain », a-t-il précisé.

Il s’agit de la poursuite du dialogue constructif avec la CEDEAO, après la réception de sa délégation le 25 mai 2025 à Bamako, sur les perspectives futures de coopération. « Il s’agira pour nous de poursuivre la discussion avec la CEDEAO, pour voir quelles nouvelles bases juridiques nous pouvons construire ensemble pour permettre à nos populations de continuer leurs activités et de bénéficier des bénéfices que nous avions faits ensemble dans le passé », a souligné le Chef de la diplomatie burkinabè.

Pour sa part, Abdoulaye DIOP, ministre des Affaires étrangères du Mali, a mis en avant la responsabilité partagée face à la réalité géographique et aux liens forts qui unissent les peuples d’Afrique de l’Ouest, précisant que les échanges avec la CEDEAO s’inscrivent dans le seul but de préserver les intérêts des populations. Abondant dans le même sens, le Chef de la diplomatie nigérienne, Bakary Yaou SANGARÉ, a renchéri que la démarche vise à amener les deux entités à cohabiter pacifiquement, afin que cette coexistence soit une valeur ajoutée, tout en rappelant que la Confédération des États du Sahel n’a été créée contre personne, mais pour la défense des intérêts de ses populations, conformément aux orientations des trois Chefs d’État.

À travers cette réunion consacrée à l’adoption de l’approche confédérale, avec une délégation unique chargée de porter la voix de l’espace, les autorités de l’AES veulent mettre en avant le principe de non-ingérence et la capacité des Africains à trouver des solutions aux problèmes africains.

Lucien DAKISSAGA

Publications similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *