Burkina Faso/De symposium à institution : Ouagadougou acte la mutation de TRANSLOG Africa pour sécuriser, digitaliser et interconnecter les chaînes logistiques du continent
La 5ᵉ édition du Symposium international sur le transport et la logistique (TRANSLOG Africa 2026) a officiellement pris fin cet après-midi du jeudi 22 octobre 2026, à Ouagadougou. Les travaux ont abouti à l’institutionnalisation de TRANSLOG Africa en plateforme intergouvernementale et partenariale permanente de concertation sur les transports, la logistique et la sécurité des corridors. La cérémonie de clôture s’est déroulée sous la présidence du Camarade ministre d’État, ministre de l’Administration territoriale et de la Mobilité, Émile ZERBO.
Elle s’est tenue en présence du ministre des Transports et de l’Aviation civile du Niger, le Colonel-major Abdourahamane BARRY, du directeur général du Port autonome de Douala, Cyrus N’go’o, partenaire officiel, du Camarade gouverneur de la région du Kadiogo, Abdoulaye BASSINGA, et de la Camarade directrice générale du Conseil burkinabè des chargeurs, Dénise BADO/BOUDA.

Du 20 au 22 octobre, plus de 150 experts venus d’une quinzaine de pays, dont la Belgique, ont échangé autour du thème : « Résilience et sécurisation des chaînes logistiques dans un environnement mondial en pleine mutation ». Cette rencontre a permis aux acteurs de la chaîne logistique et du transport de réaffirmer leur volonté de mutualiser leurs actions pour l’essor économique du continent.
Cette nouvelle plateforme intergouvernementale et partenariale permanente aura pour mission de promouvoir l’harmonisation des cadres réglementaires et juridiques du transit et du transport transfrontalier, tout en accélérant la digitalisation, la cybersécurité et le renforcement de la résilience des infrastructures logistiques portuaires, ferroviaires et routières. Elle entend également favoriser le dialogue public-privé entre les ministères en charge des transports, les conseils de chargeurs, les administrations douanières et les opérateurs privés, ainsi que mobiliser les investissements nécessaires au développement et à la sécurisation des corridors logistiques régionaux.

Les travaux ont également débouché sur plusieurs recommandations portant notamment sur l’amélioration des infrastructures, la simplification des procédures douanières, la réduction des coûts logistiques, le renforcement de la coopération entre les acteurs et l’accélération de la dématérialisation. Les participants préconisent aussi la création d’un comité de suivi, l’application effective des conventions et décisions en vigueur, le développement de l’expertise nationale en ingénierie logistique, l’élaboration d’un schéma directeur national et régional de la logistique et la mise en place de guichets uniques maritimes et du commerce extérieur. Ils recommandent enfin de renforcer l’interopérabilité des systèmes numériques et le partage d’informations entre les corridors et les ports, afin de fluidifier les échanges et de réduire les délais de transit.

Dans son discours de clôture, le ministre Émile ZERBO a salué la qualité des travaux. Il a relevé la vétusté des infrastructures, l’insuffisance de la dématérialisation, les pratiques anormales et les frais supplémentaires qui alourdissent les coûts du transport. Il a insisté sur l’urgence de concrétiser les recommandations relatives aux schémas directeurs, aux guichets uniques, à l’interconnexion des plateformes numériques et au développement de l’expertise nationale.
« Il n’y a point de souveraineté véritable sans maîtrise de nos chaînes logistiques », a-t-il affirmé, inscrivant cette ambition dans la dynamique de souveraineté et de développement endogène portée par le Camarade Capitaine Ibrahim TRAORÉ, Président du Faso, Chef de l’État, dans le cadre de la Révolution progressiste populaire (RPP).
Le ministre a également rendu hommage aux forces combattantes qui sécurisent les routes et les corridors. Il a annoncé la mise en place d’un comité de suivi auprès du Conseil burkinabè des chargeurs, ainsi que l’accompagnement de l’élaboration d’un instrument juridique consacrant la reconnaissance officielle de TRANSLOG Africa. « Ces recommandations ne sauraient demeurer lettre morte », a-t-il insisté, invitant chaque acteur à assumer sa part de responsabilité.
Il a réaffirmé la vocation du symposium à renforcer la coopération entre les États et à promouvoir une Afrique maîtresse de ses choix logistiques, avant de donner rendez-vous aux participants en 2028 pour la 6ᵉ édition.
Au terme de ces trois jours de travaux, l’institutionnalisation de TRANSLOG Africa marque une nouvelle étape dans la volonté des acteurs de mutualiser leurs efforts pour faire des corridors routiers et maritimes des leviers sûrs de l’intégration régionale et de l’essor économique du continent.
Lucien DAKISSAGA ✍️
Crédit photo 📷: Boubie benjamin BATIONO
