Burkina Faso/Transport et logistique : plus de 150 experts réunis à Ouagadougou pour trouver des solutions aux chaînes logistiques et renforcer l’intégration économique
Ouagadougou accueille, du 20 au 22 octobre 2026, la 5ᵉ édition du Symposium international sur le transport et la logistique en Afrique (Translog Africa 2026). Placée sous le thème « Résilience et sécurisation des chaînes logistiques dans un environnement mondial en pleine mutation », cette rencontre réunit des acteurs publics et privés du continent autour des défis de la fluidité des échanges, de la sécurisation des corridors et de l’intégration économique africaine.

La cérémonie d’ouverture s’est tenue sous le très haut patronage du Camarade Capitaine Ibrahim TRAORÉ, Président du Faso, Chef de l’État, représenté par le Camarade Ousmane BOUGOUMA, Président de l’Assemblée législative du peuple. Il avait à ses côtés le président de la cérémonie, le Camarade ministre d’État, ministre de l’Administration territoriale et de la Mobilité, Émile ZERBO, le gouverneur de la région du Kadiogo, Abdoulaye BASSINGA, ainsi que la directrice générale du Conseil burkinabè des chargeurs (CBC), Denise BADO/BOUDA. Plusieurs autorités ministérielles, militaires et paramilitaires, des représentants et experts de pays africains et des partenaires internationaux ont également pris part à l’événement.

Dans le discours du Chef de l’État, lu par le Président de l’Assemblée législative du peuple, Ousmane BOUGOUMA, l’accent a été mis sur la nécessité de renforcer la coopération entre les États africains pour bâtir une logistique résiliente et sécurisée. Pour le Burkina Faso, pays sans littoral, la sécurisation des corridors, la simplification des procédures de transit et la réduction des coûts de transport constituent des enjeux majeurs. Le Chef de l’État attend des participants des propositions réalistes et des partenariats solides, notamment dans les domaines de la digitalisation, des infrastructures et de l’innovation. « L’Afrique n’a pas seulement besoin de corridors qui la traversent, elle a besoin de corridors qui la transforment. Elle n’a pas seulement besoin de chaînes logistiques plus rapides, elle a besoin de chaînes logistiques qui renforcent sa souveraineté économique », a-t-il souligné.

Prenant la parole, la directrice générale du CBC, Denise BADO/BOUDA, a rappelé le rôle de Translog Africa, créé en 2007, comme cadre de concertation et de recherche de solutions communes aux difficultés du secteur. Cette cinquième édition enregistre la participation de plus de 150 experts issus de 15 pays, dont le Burkina Faso, autour du thème principal : « Résilience et sécurisation des chaînes logistiques dans un environnement mondial en pleine mutation ». Selon elle, ce thème traduit la volonté commune de faire face avec lucidité aux chocs multiformes, géopolitiques, sanitaires, énergétiques et économiques, qui pèsent sur les systèmes d’approvisionnement. Par ailleurs, elle a appelé à mutualiser les efforts pour construire des systèmes logistiques mieux intégrés, plus sûrs et plus résilients, tout en rendant hommage à feu Ali TRAORÉ, ancien directeur général du CBC et pionnier du symposium.

Partenaire officiel de cette édition, le Port autonome de Douala (Cameroun), représenté par son directeur général, Sirius N’GO, a réaffirmé sa volonté de renforcer les relations avec les pays de l’hinterland, notamment ceux du Sahel. Il a identifié quatre leviers essentiels : la modernisation des infrastructures, la digitalisation des procédures, la coordination des acteurs et le développement du capital humain. Il a également insisté sur la sécurisation des opérations et la diversification des corridors d’approvisionnement. S’agissant du parrain, El Hadi Souleymane ZIDNABA, il a lancé un appel à anticiper les crises à travers la diversification des corridors et des sources d’approvisionnement, le renforcement des infrastructures, la simplification des procédures, la digitalisation, la traçabilité des marchandises et la protection des données.

Le ministre d’État, ministre de l’Administration territoriale et de la Mobilité, Émile ZERBO, a pour sa part salué la tenue de cette 5ᵉ édition, qui réunit plus de 150 participants de haut niveau venus d’une quinzaine de pays. « Si Translog n’existait pas, il aurait fallu la mettre en place », a-t-il affirmé. Selon lui, dans un contexte géopolitique international qui fragilise les économies africaines, un tel cadre d’échanges est indispensable pour faire émerger « des solutions africaines aux problèmes africains ». Il attend des travaux qu’ils facilitent le transport des marchandises et favorisent le rapprochement des populations des différents pays grâce à une plus grande facilité de déplacement.

Interrogé sur le rôle de Translog dans l’accélération de la digitalisation du secteur logistique, le ministre Zerbo a soutenu que, quel que soit le secteur d’activité, chacun sera tôt ou tard « rattrapé par la digitalisation ». À ses yeux, en réunissant des experts de la sous-région et du monde, le symposium permettra à chacun de prendre la mesure de l’importance de la numérisation. Celle-ci facilite le transport, garantit l’arrivée des marchandises dans les délais et permet d’identifier les différents types de produits contenus dans les conteneurs, le tout dans la transparence.

La cérémonie s’est achevée par une visite guidée des stands d’exposition. Durant trois jours, les travaux, qui réunissent des experts de 15 pays, dont le Burkina Faso (Bénin, Belgique, Côte d’Ivoire, Ghana, Cameroun, Guinée-Conakry, République démocratique du Congo, Congo-Brazzaville, Nigeria, Sénégal, Tchad, Togo, Mali, Niger), devraient contribuer à faire émerger des solutions concrètes pour une logistique africaine plus performante, au service de l’intégration économique et de la souveraineté du continent.
Lucien DAKISSAGA ✍️
Crédit photo : Boubie Benjamin BATIONO
