[#Burkina_Faso] Une ceinture anti-balles, un fusil de sniper et une leçon d’histoire : l’armée burkinabè expose son histoire et son bouclier culturel
Il faut le voir pour le croire. Une ceinture traditionnelle censée protéger des balles. Et pourtant, elle existe. Elle est exposée au Musée des Armées, au Centre culturel des Armées de Ouagadougou.


C’est par cette immersion saisissante dans l’histoire militaire du Burkina Faso que s’est ouverte, ce vendredi 30 octobre 2026, la nouvelle saison culturelle des Armées. Une cérémonie officielle de lancement, certes, mais qui a d’abord pris la forme d’une visite guidée passionnante, en marge des commémorations du 66e anniversaire des Forces armées nationales.




La visite a commencé fort, avec un retour aux sources : l’hymne du « Fier Volta », l’hymne national de la Haute-Volta, ainsi que le Ditanyé. Un moment d’émotion pour rappeler d’où l’on vient, avant de pénétrer dans le cœur du musée.




Guidés par les conservateurs, les invités ont ensuite découvert, salle après salle, la mémoire vivante de l’armée burkinabè. Ils y ont vu les visages de tous les chefs suprêmes des Armées, de tous les ministres de la Défense qui se sont succédé depuis l’indépendance, ainsi que de tous les présidents de l’histoire du Burkina Faso. Une galerie du pouvoir qui raconte l’évolution de l’État lui-même.



Le clou de la visite se trouve dans la salle dédiée aux Tirailleurs sénégalais. Là, on comprend tout : l’évolution de leurs tenues de combat et de travail, de la colonisation à 2007. Leur histoire et leur sacrifice sont racontés à travers leurs uniformes d’époque et leurs arcs traditionnels exposés au cœur du musée, témoins d’une armée qui a su mêler tradition et modernité.





Plus loin, c’est l’évolution de l’armement qui est exposée, de l’arme blanche traditionnelle aux lance-roquettes modernes. Au milieu de cette collection, une pièce unique attire tous les regards : le fusil d’élite du Général Aboubacar Sangoulé LAMIZANA. L’ancien président aurait été un tireur d’élite, un véritable sniper ; son arme est conservée comme une relique.




On y découvre aussi l’histoire du tout premier officier burkinabè, celui par qui tout aurait commencé : le Lieutenant Issa BOUROU, héros méconnu, et cette fameuse ceinture anti-balles. Une ceinture traditionnelle et mystique que les anciens combattants portaient pour se protéger. Pour le guide du musée, elle est bien réelle : c’est notre science endogène mise au service de la défense de la patrie.




Une visite qui n’est pas un simple détour touristique. C’est une leçon d’histoire, une piqûre de rappel identitaire.
C’est justement après cette plongée dans l’histoire que le sens de la cérémonie d’ouverture a pris toute sa dimension. La cérémonie officielle a été présidée par le Colonel Issa YAGUIBOU, chef d’état-major de la Gendarmerie nationale, représentant le chef d’état-major général des Armées, parrain de l’événement.


Dans le discours d’ouverture qu’il a prononcé au nom du chef d’État-Major Général des Armées, le Général de Division Moussa DIALLO, le message était clair :
« Dans le contexte sécuritaire exigeant qui est le nôtre, certains pourraient s’interroger sur la pertinence d’accorder une telle place à la culture. D’aucuns verraient là un luxe superflu. Mais notre conviction est toute autre. La culture n’est pas un supplément d’âme. Elle est le cœur battant de notre identité, le ciment de notre cohésion nationale et, par conséquent, une arme stratégique de premier plan. »



Le CEMGA rappelle que la guerre imposée au Burkina n’est pas seulement militaire. Elle est aussi idéologique, psychologique et culturelle. Les terroristes cherchent à effacer l’histoire, à briser le vivre-ensemble.
« La culture est notre bouclier immatériel. Le chant patriotique, le théâtre, la danse, les arts plastiques sont autant de véhicules de la mémoire et de vecteurs d’espoir. »
Cette saison culturelle s’inscrit dans le thème du 66e anniversaire : « Forces armées nationales et réserve militaire pour une défense souveraine de la patrie ». La culture doit ici être un pont vivant entre l’armée, la réserve et le peuple.
En déclarant officiellement lancée la saison 2026-2027, le Colonel YAGUIBOU a conclu : « En battant le tambour, en déclamant les poèmes de paix, en exposant nos créations, nous crions haut et fort que le Burkina Faso souverain est debout, vivant, fier et résolument tourné vers un avenir de paix et de liberté. »
De la ceinture anti-balles à la poésie, l’armée burkinabè vient de prouver qu’elle défend à la fois les frontières et l’âme de la Nation. Tous les Burkinabè sont donc invités à saisir cette occasion ces portes ouvertes pour découvrir ou redécouvrir notre histoire militaire et notre mémoire collective.
Nabi Issouf DIALLO ✍️
#Fasovoxpress
