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Bande dessinée : « Une vie pour une peau », la première œuvre engagée de Zoungrana W. Camille Djélika

Ce vendredi 15 août 2025 à Ouagadougou, Zoungrana W. Camille Djélika a présenté sa première bande dessinée intitulée Une vie pour une peau. La cérémonie de dédicace, placée sous le parrainage de Fatou Youchaou Traoré, a réuni lecteurs, passionnés de littérature et acteurs culturels autour d’une œuvre qui questionne les standards de beauté et valorise le respect de soi.

Étendue sur 36 pages, cette bande dessinée réaliste et militante aborde avec force et sensibilité le phénomène de la dépigmentation volontaire, fléau insidieux qui affecte la santé et l’estime de soi de nombreuses femmes. À travers le personnage de Wendenso, une fillette de dix ans confrontée à la douloureuse vérité sur la mort de sa mère, l’autrice explore les injonctions sociales liées à la peau claire et leurs conséquences tragiques. Le père de Wendenso révèle à sa fille que sa mère, malgré sa beauté naturelle, a succombé à l’usage de produits éclaircissants. « Elle voulait être plus claire… malheureusement elle l’a payé de sa vie », confie-t-il, bouleversant le lecteur par la puissance du récit.

Pour Zoungrana W. Camille Djélika, Une vie pour une peau est née d’une douleur mais aussi d’un espoir, celui de briser le silence et d’ouvrir un dialogue sur la valorisation du teint naturel et l’acceptation de soi. L’œuvre est le prolongement de son engagement au sein de l’Association Diamants Noirs, qu’elle a fondée en 2022 à Bobo-Dioulasso pour sensibiliser les jeunes et les communautés à la beauté noire et à l’estime de soi. À travers conférences et campagnes, elle œuvre à déconstruire les stéréotypes hérités du colonialisme et à promouvoir une vision positive de la beauté africaine.

Le style réaliste et épuré de la bande dessinée, où les dialogues laissent place à l’émotion et à la réflexion, rend le message accessible à tous, des enfants aux parents, en passant par les éducateurs et institutions culturelles. Vendue au prix symbolique de 3000 FCFA, l’œuvre se veut un outil de sensibilisation et d’éducation, utilisable dans les ateliers scolaires, espaces d’échanges intergénérationnels ou manifestations culturelles.

Lors de la cérémonie, l’autrice a exprimé sa gratitude envers sa marraine, sa maison d’édition EPEE, l’établissement Première Classe Plus et les librairies ayant soutenu la diffusion de l’œuvre. Elle a souligné que grâce à ces collaborations, Une vie pour une peau devient un cri de cœur, une voix pour celles réduites au silence et un appel vibrant à l’amour de soi : « JE SUIS NOIRE, JE SUIS BELLE, JE SUIS FIÈRE D’ÊTRE AFRICAINE, FIÈRE DE MES ORIGINES », proclame Wendenso, incarnant ainsi l’espoir d’une génération consciente de sa valeur et de son identité.
Kaki ✍🏼

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