Côte d’Ivoire : La CEI serait-il au service d’un pouvoir en perte de légitimité?
En Côte d’Ivoire, le mandat du président de la Commission Électorale Indépendante (CEI) prend fin en septembre prochain. La loi est claire, il ne peut être reconduit. Pourtant, c’est ce même homme qui s’apprête à organiser les prochaines élections, foulant au pied le droit et les principes démocratiques. Une situation inacceptable qui jette une ombre grave sur la crédibilité du processus électoral.
Comme pour verrouiller davantage le jeu politique, le président de la CEI a annoncé qu’aucune révision de la liste électorale ne sera effectuée avant la fin de l’année 2025, prétextant un manque de temps avant les législatives prévues le 27 décembre. Cet argument fallacieux n’est qu’une manœuvre pour écarter des adversaires politiques gênants.
Cette décision prive notamment Tidjane Thiam, candidat du PDCI, de toute chance de se présenter à la présidentielle du 25 octobre. Radié en avril pour des motifs liés à la nationalité, il ne peut être réintégré qu’après mise à jour de la liste électorale, mise à jour désormais bloquée par la CEI. Dans le même piège, Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé et Guillaume Soro restent eux aussi exclus de la course.
Tout se met en place pour offrir un boulevard à Alassane Ouattara, au pouvoir depuis 2011, qui a déjà annoncé fin juillet sa volonté de briguer un quatrième mandat, au mépris des principes d’alternance et de respiration démocratique. La CEI, censée garantir l’égalité et la transparence, se transforme en instrument de confiscation du pouvoir, servant un agenda politique qui piétine la souveraineté populaire.
Si ce scénario se poursuit, les élections à venir ne seront qu’une mascarade électorale destinée à légitimer un régime qui n’a plus pour boussole que la conservation du pouvoir, quitte à sacrifier l’État de droit et la voix du peuple ivoirien.
Relwendé ✍🏼