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Côte d’Ivoire : Le régime du RHDP entre confiscation du pouvoir et tentation monarchique

La situation politique en Côte d’Ivoire demeure extrêmement fragile, avec un parti au pouvoir qui s’accroche aux rênes de l’État sans véritable concurrence loyale à l’approche de l’élection présidentielle prévue en octobre 2025.

Comme lors du précédent scrutin, le régime du RHDP, conduit par le président Alassane Dramane Ouattara, poursuit dans la stratégie d’écarter ses véritables challengers afin de n’affronter que des candidats de moindre poids politique. L’objectif est clair : organiser une mascarade électorale remplissant formellement les critères exigés par les instances internationales, tout en s’assurant que le fauteuil présidentiel reste hors de portée de l’alternance.

Dans ce climat de verrouillage politique, un autre dossier suscite la polémique : celui de Téné Birahima Ouattara, frère cadet du président et actuel ministre de la Défense. Celui-ci ne cache plus son ambition présidentielle, qu’il a affirmée publiquement dans un entretien accordé à un média ivoirien ( Fraternité Matin). Cette déclaration a ravivé les soupçons d’une volonté du clan Ouattara de transformer la Côte d’Ivoire en une monarchie moderne, où le pouvoir se transmettrait de frère en frère.

Les réactions des internautes n’ont pas tardé. Entre indignation, colère et ironie, beaucoup dénoncent ce qu’ils considèrent comme une privatisation du pays :

« Mon cher, c’est votre royaume oh ! Nous on peut dire quoi encore ? »

« Comme si la Côte d’Ivoire était leur propriété privée. »

« Tout le monde sait que c’est le plan tracé ! C’est en ce moment que Kobenan comprendra qu’il n’est rien. »

« La Côte d’Ivoire n’est pas un royaume pour qu’on fasse une succession de frère en frère. Il y a beaucoup d’autres personnes capables de diriger le pays, même au sein du RHDP. »

« Genre la Côte d’Ivoire est devenue le royaume de Sindou. Ya pas dra ! »

« Que ADO trouve un alibi avant qu’il ne soit trop tard, car s’il veut un quatrième mandat, il le fera avec le sang et la sueur des Ivoiriens, voire des Africains. »

« La Côte d’Ivoire n’est pas une monarchie. Pardonnez, ne faites pas cela. ADO dirige déjà avec sa famille et son clan, alors il ne faut pas en rajouter. Houphouët, Bédié, Guéï et même Gbagbo ne l’ont pas fait. Donc arrêtez ça ! »

Un internaute a même comparé cette ambition à la tentative de Blaise Compaoré au Burkina Faso, qui avait voulu imposer son frère François comme dauphin politique, avant d’être balayé par l’insurrection populaire de 2014 :

« C’est ce que Blaise Compaoré a voulu faire au Burkina Faso et ça n’a pas marché. Résultat, il s’est retrouvé ici. »

Cependant, au sein même du RHDP, les avis sont partagés. Certains partisans du régime considèrent Patrick Achi comme le successeur idéal, montrant que l’idée d’une succession familiale ne fait pas l’unanimité dans le camp présidentiel.

Cependant, la sortie de Téné Birahima Ouattara n’est pas anodine. Elle traduirait les réelles intentions du clan au pouvoir. Alassane Ouattara n’aurait qu’une seule garantie pour échapper à d’éventuelles poursuites internationales liées aux crimes de la crise post-électorale de 2011 : rester lui-même au pouvoir ou y maintenir un proche sûr. Qui mieux que son frère, déjà en poste clé au gouvernement, pour assurer cette continuité ? D’ailleurs, à ce jour, il reste le seul cadre du régime à avoir officiellement affiché ses ambitions, tandis que d’autres caciques du RHDP sont contraints au silence.

Quoi qu’il en soit, la CPI n’a pas encore dit son dernier mot sur les responsabilités dans les violences de 2011, et la majorité des figures impliquées se trouvent encore dans les cercles du pouvoir.

Pour l’heure, ne précipitons pas les choses : le temps est le meilleur juge et finira par placer chacun devant son destin et ses responsabilités.

Le Fils d’Adjamé ✍️

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