|

AES/ Lutte contre l’extrémisme violent : bientôt un document unique sur le discours religieux

La lutte contre le terrorisme ainsi que l’extrémisme violent connaîtra une nouvelle phase dans les prochains mois au sein de la Confédération des États du Sahel. Lors de son entretien avec la presse nationale et internationale, le jeudi 2 avril 2026, le Capitaine Ibrahim TRAORÉ, Président du Faso, Président de la Confédération de l’AES a annoncé une volonté politique, en collaboration avec ses pairs du Niger et du Mali, visant à mieux encadrer le discours religieux au sein de l’espace confédéral, en impliquant les leaders religieux.

Déjà, au pays des Hommes intègres, un projet de discours alternatif a été instruit en vue de renforcer l’idéal de cohésion sociale. « Ici, nous avons mis les gens sur un projet de discours alternatif ; on va les corriger et imposer ce discours qui sera prêché partout », révèle le Chef de l’État.

 

Toutefois, le Capitaine Ibrahim TRAORÉ reconnaît une lutte difficile pour changer les mentalités, au regard de l’endoctrinement qui a perduré depuis des décennies. « Le travail d’endoctrinement en Afrique a été très profond. Quoi qu’on dise, il y a beaucoup de jeunes qui rejoignent ces mouvements terroristes au nom de la religion. C’est une réalité indéniable et si on passe à côté sans se dire cette vérité, on aura échoué », soutient-il.

Malgré ce contexte difficile, le combat contre l’extrémisme violent ne saurait être abandonné. Le Chef de l’État affirme que de nombreux jeunes intègrent les mouvements terroristes en étant convaincus qu’il s’agit d’une cause religieuse. « L’extrémisme est dangereux et c’est lui qui entraîne les gens dans ce genre de mouvement (terrorisme, ndlr) », déplore le Capitaine Ibrahim TRAORÉ.

Par ailleurs, la destruction des bases terroristes révèle l’ampleur du phénomène. « Vous ne pouvez pas détruire une base terroriste sans y trouver des livres coraniques. Ceux qui combattent sur le terrain sont nombreux à croire qu’ils le font pour la religion (…) Des imams viennent de partout pour leur faire des prêches dans la brousse, les endoctriner et leur faire comprendre que c’est pour la religion et que les autres sont des mécréants qu’il faut tuer », poursuit le Chef de l’État.

Au-delà de la brousse, le Capitaine Ibrahim TRAORÉ a également déploré le fait qu’il n’est pas rare de croiser en ville des individus extrémistes prêts à tuer ceux qu’ils qualifient, à tort, de mécréants, avec la conviction que ces actes les conduiront au paradis. Ainsi, se mesure le caractère désastreux du discours religieux extrême pour nos sociétés. Pourtant, soutient-il, la diffusion de certaines images des réalités du front vise à dissuader, en exposant l’avenir incertain de toute personne qui s’engage dans ces mouvements terroristes.

En définitive, la volonté politique d’adopter un document unique pour encadrer le discours religieux, tant au niveau national qu’au sein de la Confédération, augure de lendemains meilleurs. Il s’agit d’éviter que la quête du salut dans l’au-delà ne devienne un terreau d’impunité et de haine religieuse, susceptible d’engendrer des drames encore plus graves que ceux auxquels les États de la Confédération sont déjà durement confrontés.

Lucien DAKISSAGA ✍️

Publications similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *