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Bassirou Diomaye Faye dans les couloirs de l’Élysée : le Sénégal enchaîné à l’ombre de Paris

Bassirou Diomaye Faye, Président de la République du Sénégal, a de nouveau franchi les portes de l’Élysée, ce mercredi 27 août 2025, pour un petit-déjeuner de travail avec Emmanuel Macron, en marge de la Rencontre des Entrepreneurs de France. L’événement, présenté comme un échange cordial autour du renforcement du partenariat bilatéral, illustre une fois de plus l’alignement persistant de Dakar sur les agendas de l’ancienne puissance coloniale.

À peine un an et demi après son accession au pouvoir, le chef de l’État sénégalais s’est déjà rendu à l’Élysée à plusieurs reprises, sans jamais obtenir les marques de considération réservées à un véritable partenaire souverain. Contrairement aux discours enflammés sur la souveraineté et l’émancipation africaine, Bassirou Diomaye Faye se contente de visites protocolaires où l’agenda est dicté par Paris, investissements, commerce, défense et sécurité. Autant de secteurs stratégiques qui demeurent, encore et toujours, sous l’influence de la France.

Ce ballet diplomatique rappelle étrangement la posture d’Alassane Dramane Ouattara, Président ivoirien dont les relations privilégiées avec Paris ont souvent été critiquées comme une compromission de la souveraineté nationale. Après Abidjan, c’est donc Dakar que l’Élysée entend arrimer plus solidement à son orbite, dans un contexte où plusieurs pays africains cherchent, au contraire, à rompre définitivement les chaînes du néocolonialisme.

La mise en avant des « questions mémorielles », avec la reconnaissance par Macron du massacre des tirailleurs sénégalais de Thiaroye en 1944, ne saurait masquer la réalité. Cette reconnaissance symbolique sert surtout de paravent à une continuité de domination politique et économique. L’invitation faite à Emmanuel Macron pour la commémoration de décembre à Dakar apparaît moins comme un geste de souveraineté que comme un signe de soumission diplomatique.

Dans un continent où la jeunesse aspire à une rupture radicale avec les tutelles coloniales, ces allers-retours incessants à l’Élysée envoient un signal désastreux. Ils révèlent le visage d’un président encore prisonnier de l’influence française, incapable de porter l’étendard d’une Afrique affranchie. De telles attitudes nourrissent la méfiance et démontrent, une fois de plus, que l’Afrique ne peut pas compter sur des dirigeants qui s’abritent toujours sous les jupons de leurs anciens maîtres.

Bassirou Diomaye Faye, en multipliant les pèlerinages à Paris, risque d’entrer dans l’histoire non pas comme l’homme du renouveau sénégalais, mais comme un maillon de plus dans la longue chaîne des dépendances tissées par l’ancienne puissance coloniale. Un rôle que l’histoire jugera sévèrement.
Relwendé ✍🏼

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