Burkina Faso/Soutien aux familles des FDS : l’ASVOVIG annonce des innovations majeures pour une solidarité agissante
Les missions, actions et innovations juridiques portées par l’Agence de Soutien aux Veuves, Orphelins et Victimes de Guerre (ASVOVIG) ont été présentées ce jeudi 26 février 2026 à Ouagadougou au cours d’un point de presse animé par son Directeur général, le Médecin-Colonel Lamine OUÉDRAOGO et ses collaborateurs. Au cœur des échanges : les nouveaux décrets relatifs à la délégation de solde, à l’indemnisation des ayants droit et à la gestion des cas de personnels portés disparus.
Depuis 2015, le Burkina Faso fait face à la menace terroriste. L’engagement des Forces de défense et de sécurité (FDS) dans la reconquête du territoire national a coûté la vie à de nombreux soldats. Sous l’impulsion du Capitaine Ibrahim TRAORÉ, Président du Faso et Chef de l’État, le gouvernement a renforcé son dispositif de solidarité au profit des familles des combattants tombés sur le champ d’honneur.
Organe de coordination interministériel, l’ASVOVIG a pour mission d’assurer la prise en charge sanitaire, sociale, psychologique et économique des veuves, orphelins et victimes de guerre. Elle œuvre également à l’adoption et à l’implémentation des textes encadrant ces mécanismes de soutien, tout en mobilisant des partenaires techniques et financiers.

À ce jour, l’Agence a contribué à l’amélioration de la prise en charge médicale, psychologique et sociale de 4 279 FDS issues des six régions militaires. Sur le plan opérationnel, 119 formateurs en santé mentale et soutien psychosocial ont été déployés. Des missions de terrain ont été conduites dans cinq régions militaires afin de sensibiliser, d’écouter et d’accompagner les bénéficiaires.
Les innovations majeures portent notamment sur la délégation de solde. Celle-ci est versée mensuellement pour une durée maximale de cinq ans : la totalité de la solde est payée durant les deux premières années suivant le décès, puis la moitié pendant les trois années suivantes. Le calcul est fondé sur le grade obtenu à titre posthume et comprend la solde indiciaire, l’indemnité de résidence, les allocations familiales et la prime de qualification. En cas de remariage ou de concubinage notoire du conjoint survivant, le versement cesse. En cas de pluralité des ayants droit, les montants sont répartis à parts égales.
Concernant l’indemnité forfaitaire, elle est fixée à 10 millions de francs CFA, payables en une tranche unique, pour les ayants droit des Forces armées nationales et des forces de sécurité intérieure décédées du fait d’un acte terroriste ou en opération. La répartition prévoit 25 % pour le conjoint survivant ou la personne exerçant l’autorité parentale, 20 % pour les père et mère, et 55 % pour les enfants.
Un autre décret encadre désormais la gestion des cas de personnels portés disparus. Lorsqu’un agent est déclaré disparu, une période de recherche d’une année est observée. À l’issue de ce délai, sans nouvelles, une procédure permet de le déclarer officiellement décédé, ouvrant ainsi droit aux indemnisations et aux mesures de soutien prévues.

Le Directeur général de L’ASVOVIG a également clarifié les définitions : est considérée comme veuve toute femme ayant perdu son conjoint dans le cadre de la guerre et ne s’étant pas remariée ; l’orphelin est un enfant ayant perdu son père, sa mère ou les deux parents issus des FDS ; la victime de guerre désigne tout militaire ou paramilitaire souffrant de blessures, maladies, pertes matérielles ou traumatismes psychologiques liés au service.
À travers ces réformes qui viennent corriger les insuffisances des textes antérieurs, l’État burkinabè réaffirme son engagement à institutionnaliser un mécanisme de solidarité durable au profit des familles des héros nationaux.
Lucien DAKISSAGA ✍️
