[#Burkina_Faso] Agriculture et élevage : le Gouvernement structure les métiers et enregistre une campagne agropastorale globalement excédentaire
Sous les champs, les étables et les plans d’eau du Burkina Faso, une transformation silencieuse mais décisive est à l’œuvre. Le Conseil des ministres du mercredi 17 décembre 2025 en a donné une illustration forte en examinant, au titre du ministère de l’Agriculture, des Ressources Animales et Halieutiques, deux rapports qui traduisent à la fois une vision de long terme pour le secteur rural et des performances encourageantes pour la campagne agropastorale en cours.
Le premier rapport porte sur l’adoption d’un décret consacrant la nomenclature des métiers et emplois du secteur de l’agriculture, des ressources animales et halieutiques au Burkina Faso. Cette réforme s’inscrit dans une dynamique de modernisation du système éducatif et de valorisation de la formation professionnelle orientée vers les métiers. Élaborée sur la base de la Classification internationale type des professions, combinée à une codification nationale, cette nomenclature offre un cadre harmonisé et structurant pour le secteur.
Elle recense six branches d’activités, trente-six corps de métiers et trois cent quarante-huit métiers, couvrant l’ensemble de la chaîne agropastorale et halieutique. De la production végétale et animale à la transformation, en passant par la commercialisation, la production halieutique ainsi que la vulgarisation et l’innovation, cette classification vise à mieux organiser les compétences, améliorer l’employabilité et soutenir la professionnalisation d’un secteur stratégique pour l’économie nationale.
Le second rapport est consacré aux résultats provisoires de la campagne agropastorale 2025/2026 et à la situation alimentaire. Malgré un démarrage tardif à normal des pluies et des attaques de la chenille légionnaire d’automne ayant affecté notamment le maïs et le sorgho, les performances enregistrées demeurent globalement positives. Sur plus de 47 000 hectares prospectés, environ 20 500 hectares ont été infestés, dont la majorité a pu être traitée.
La production céréalière provisoire est estimée à plus de 7,14 millions de tonnes, en hausse notable par rapport à la campagne précédente et à la moyenne quinquennale. Les autres cultures vivrières affichent une légère baisse par rapport à l’an dernier, mais une progression significative sur cinq ans. Les cultures de rente hors coton enregistrent également une hausse appréciable.
Au plan national, le taux de couverture apparent des besoins céréaliers atteint 126,6 %, confirmant une situation excédentaire, avec 24 provinces en surplus. La production fourragère est, quant à elle, estimée à plus de 10 millions de tonnes de matière sèche.
Le Conseil a salué ces résultats, fruit des appuis multiformes de l’État en intrants, engrais et équipements, et a instruit les ministres concernés à prendre les mesures nécessaires pour sécuriser les revenus des producteurs et stabiliser les prix sur les marchés.
Kaki✍️
