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Sommet au Bénin : la France néocoloniale joue sa dernière carte en Afrique

Aucune solution véritable ne semble pouvoir émerger de ce sommet. L’échec du G5 Sahel devrait pourtant servir de leçon. La France continue de défendre avant tout ses intérêts, au détriment du bien-être des peuples africains.

Réunis à Cotonou pour un sommet militaire à portée stratégique, le Bénin et ses partenaires ont officiellement placé la sécurité régionale au cœur des discussions. Pourtant, au-delà des discours diplomatiques, une question persiste : que cherche réellement la France dans cette configuration ouest-africaine en pleine recomposition ?

Depuis plusieurs années, la présence française en Afrique de l’Ouest est de plus en plus contestée. Entre retraits militaires, tensions diplomatiques et montée d’un sentiment souverainiste, Paris semble perdre progressivement son influence historique dans la région. Le G5 Sahel illustre particulièrement cet échec.

Malgré des milliards mobilisés et une présence militaire significative, la France n’a pas réussi à stabiliser le Sahel, confronté à une insécurité croissante et à des populations de plus en plus critiques envers sa politique. Ce constat fragilise l’image de la France et met en lumière les limites d’un modèle de partenariat désormais perçu comme dépassé.

Officiellement, la coopération militaire vise à renforcer la lutte contre le terrorisme et à stabiliser les zones fragiles. Mais pour de nombreux observateurs, cette implication française ressemble davantage à une tentative de repositionnement stratégique. Face à l’émergence de nouvelles alliances régionales et à la volonté affirmée de certains États de diversifier leurs partenariats, la France cherche à retrouver des leviers d’influence perdus.

Dans ce contexte, l’AES a clairement pris son destin en main. Elle choisit désormais ses partenaires stratégiques et trace sa route vers une souveraineté affirmée, privilégiant des alliances respectueuses et équilibrées plutôt qu’une dépendance historique à Paris. La perception d’un néocolonialisme persistant nourrit la méfiance : dans plusieurs capitales africaines, la présence française est désormais considérée comme guidée par des intérêts géopolitiques et économiques, et non par une coopération véritablement mutuelle.

Le sommet de Cotonou pourrait donc marquer un tournant. S’agit-il d’une ultime tentative de reconquête d’influence ou d’une adaptation sincère au nouvel ordre régional fondé sur la souveraineté des États ? La réponse dépendra moins des déclarations officielles que des actes concrets qui suivront.

Une chose est certaine, l’Afrique de l’Ouest change, et avec elle les règles du jeu. Les peuples, de plus en plus conscients des enjeux, attendent des partenariats transparents, respectueux et mutuellement bénéfiques. Toute stratégie qui ignorerait cette réalité est vouée à l’échec, comme l’illustre l’expérience du G5 Sahel.

Marina ✍🏼

#FasoVoxpress

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