Burkina Faso: l’ONG ACRA outille les journalistes pour contrer la désinformation et promouvoir une communication responsable
Le Centre Cardinal Paul ZOUNGRANA de Ouagadougou abrite, du 4 au 5 août 2026, un atelier de formation initié par l’ONG ACRA en vue de renforcer les capacités des professionnels des médias dans la lutte contre la désinformation, de promouvoir un usage responsable des médias et une communication non violente.
La cérémonie officielle d’ouverture a été présidée par le président du Conseil supérieur de la communication (CSC), Modeste OUÉDRAOGO. Il avait à ses côtés le coordinateur pays de l’ONG ACRA, POINGAR Couldjim Madibé, ainsi que Hamidou KONÉ, représentant le ministre de la Famille et de la Solidarité, marraine de la cérémonie. Leur présence témoigne de l’importance accordée par les institutions publiques au rôle des médias dans la promotion de la paix et de la cohésion sociale.
Ces dernières années, l’espace numérique burkinabè et les réseaux sociaux ont été marqués par une prolifération de discours de haine, de fausses informations et de contenus susceptibles d’alimenter les tensions entre les communautés. Pour faire face à ces défis, l’État burkinabè, en partenariat avec plusieurs organisations, œuvre au renforcement des capacités des professionnels des médias afin de les outiller en matière de détection, de vérification des informations et de pratiques de communication responsable, dans le but de contribuer à la consolidation de la paix et de la cohésion sociale.

« Les discours de haine, les campagnes de désinformation, les manipulations numériques et les contenus trompeurs constituent aujourd’hui des menaces réelles pour la cohésion sociale, la confiance entre les citoyens et les efforts de consolidation de la paix », a expliqué le coordinateur pays de l’ONG ACRA, POINGAR Couldjim Madibé.

Selon lui, le choix porté sur les acteurs des médias n’est pas fortuit. Au-delà de leur rôle de relais de l’information, ils sont également des acteurs du changement, des éducateurs, des veilleurs citoyens et des partenaires essentiels dans la prévention des conflits.
Organisé dans le cadre du projet « Pense libre », cet atelier s’inscrit dans une dynamique visant à renforcer les compétences des journalistes.

À en croire le président du CSC, Modeste OUÉDRAOGO, cette formation permettra d’approfondir leurs connaissances sur les mécanismes de vérification des faits, les techniques de lutte contre la désinformation, l’utilisation responsable des plateformes numériques ainsi que les approches de communication favorables à la cohésion sociale.
Pour sa part, le Camarade Hamidou KONÉ, responsable au Secrétariat technique chargé de la paix et de la cohésion sociale au ministère de la Famille et de la Solidarité, a salué l’initiative de l’ONG ACRA en faveur des professionnels des médias. Selon lui, la paix ne se construit pas uniquement sur les plans diplomatique et sécuritaire, mais aussi à travers les mots employés, les informations diffusées, les débats menés et les valeurs transmises aux populations.
Au cours de la première journée de formation, plus d’une trentaine de journalistes issus des médias publics et privés ont été formés autour du thème : « Fact-checking et vérification en ligne : désinformation, démarche du fact-checking et outils de vérification ». Les participants ont été initiés aux différentes formes de désinformation, aux méthodes de vérification des faits ainsi qu’aux principaux outils numériques permettant d’authentifier les informations.

À travers cette initiative, l’ONG ACRA, via le projet « Pense libre », entend contribuer au renforcement du rôle des médias dans la lutte contre la désinformation et à la consolidation d’une communication responsable au service de la paix et de la cohésion sociale. Rendez-vous est donc pris pour la deuxième journée de l’atelier, qui sera consacrée au thème : « Médias, cohésion sociale et prévention de l’extrémisme violent : quelle responsabilité des communicateurs à l’ère de la désinformation et de l’intelligence artificielle ? »
Lucien DAKISSAGA
