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Burkina Faso: À Ouagadougou, l’AES trace les contours d’une action humanitaire et d’une politique de genre au service d’une souveraineté assumée

Le Camarade Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel OUÉDRAOGO a procédé au lancement officiel du 2ᵉ Forum des ministres chargés de l’Action humanitaire, couplé à la 2ᵉ réunion des ministres chargés du Genre, ce lundi 10 août 2026 à Ouagadougou. Prévue du 10 au 12 août, cette rencontre vise à renforcer la coopération dans la coordination des actions humanitaires et à promouvoir l’inclusion sociale ainsi que l’égalité de genre au sein de l’espace confédéral. Le Togo, pays invité, illustre la volonté de l’AES de renforcer ses partenariats avec les pays partageant des intérêts communs autour des questions de protection des personnes et d’égalité des chances.

Face à la crise sécuritaire qui a entraîné de nombreux déplacements de populations, à la vulnérabilité de certaines couches sociales et aux enjeux liés à la participation des femmes au processus de développement au sein de la Confédération, les ministères en charge de l’Action humanitaire et du Genre entendent mutualiser leurs efforts pour parvenir à des résultats plus probants. Les deux rencontres réunissent à Ouagadougou plusieurs personnalités, dont la Camarade ministre de la Famille et de la Solidarité, le Lieutenant-colonel Passowendé Pélagie KABORÉ, ses homologues du Mali et du Niger, ainsi que des chefs d’institutions publiques, des experts, des représentants d’ONG et le coordonnateur résident du système des Nations unies au Burkina Faso.

Durant ces trois jours, les réflexions s’articuleront autour de deux thèmes principaux : « De l’urgence à la résilience : vers un modèle d’action humanitaire intégré pour l’AES » et « Mise en œuvre des référentiels nationaux de développement des pays de l’AES : contribution des femmes à la construction d’un espace souverain, résilient et prospère ».

Dans un contexte marqué par une volonté de souveraineté et de protection de la dignité des populations sahéliennes, le rendez-vous de Ouagadougou se veut en phase avec la nouvelle approche de l’action humanitaire voulue par les chefs d’État. Celle-ci repose notamment sur la protection de la souveraineté des États et de la dignité des personnes vulnérables.

À cet égard, le Camarade Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel OUÉDRAOGO a été on ne peut plus clair : « Notre ambition est de dépasser la seule gestion de l’urgence pour promouvoir un modèle fondé sur le respect de la souveraineté des États, de la dignité des populations et de leur droit légitime à retrouver leur autonomie ».

Pour lui, l’action humanitaire doit désormais soutenir l’autonomie et l’autodétermination des populations, afin de devenir un véritable levier de résilience et de prospérité pour les États.

Abordant par ailleurs la question de l’inclusion sociale et de l’égalité de genre, le chef du gouvernement burkinabè a rappelé le rôle primordial des femmes dans la résilience sociale, l’éducation et la prévention des conflits. Il a appelé à leur pleine valorisation et à leur implication dans les actions de développement. Une vision partagée par la représentante de la Plateforme des organisations féminines du Burkina Faso, Docteure COULIBALY/LINGANI Pascaline, qui estime que « les femmes ne doivent pas être considérées uniquement comme des bénéficiaires des politiques publiques. Elles doivent être reconnues comme des actrices, des partenaires et des forces de proposition à part entière dans la construction de l’espace sahélien ».

Pour sa part, le coordonnateur résident du système des Nations unies au Burkina Faso, également coordonnateur humanitaire, Njoya TIKUM, a réitéré l’engagement de l’ONU en faveur de la mobilisation de financements innovants et endogènes, de la construction, dans chaque pays, d’une feuille de route intégrée reliant l’humanitaire, le développement, le climat et la consolidation de la paix, ainsi que du renforcement des systèmes conjoints d’alerte et de suivi.

À l’issue des travaux, les échanges devront déboucher sur des recommandations visant notamment à renforcer la gouvernance humanitaire, la coordination régionale, la mutualisation des bonnes pratiques et des solutions innovantes, la consolidation des mécanismes de financement endogène, le renforcement des partenariats stratégiques et la mise en place de mécanismes pertinents de prévention et d’anticipation des crises. Une attention particulière sera également accordée au rôle des femmes dans les politiques publiques de développement.

À travers ces travaux, l’ambition affichée est de faire de l’AES un espace davantage intégré, où la protection de la dignité humaine accompagne la construction de la résilience, et où les femmes prennent pleinement part aux initiatives de développement. Une dynamique qui entend placer l’inclusion sociale, la paix, la sécurité et la prospérité au cœur de la construction de cet espace confédéral.

Lucien DAKISSAGA

Crédit photo📷 : Boubie Benjamin BATIONO

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