Burkina Faso/Lutte contre l’insalubrité : près de 46 milliards de FCFA prévus pour assainir les villes et les campagnes

Le Secrétaire général adjoint du ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, Yassia KINDO, a présidé, ce mercredi 14 octobre 2026 à Ouagadougou, les travaux de validation du document-cadre de gestion des déchets solides 2026-2028. Cette rencontre a réuni plusieurs acteurs des structures publiques et des associations privées du domaine de l’assainissement, en vue d’adopter des solutions adaptées pour lutter efficacement contre l’insalubrité à l’échelle nationale.

L’État burkinabè s’est engagé dans la lutte contre les dépotoirs anarchiques et les comportements qui menacent la santé publique et l’environnement. Le constat part de faits réels : des rues et d’autres espaces sont devenus des lieux de dépôt d’ordures, une situation qui ternit également l’image du pays. La mauvaise gestion des déchets constitue ainsi un défi majeur, avec des conséquences importantes sur la salubrité et la santé des populations.

Avec le document-cadre de gestion des déchets solides 2026-2028, il s’agit de placer l’État au cœur de la réorganisation du système de gestion des déchets, avec l’accompagnement des communes, qui détiennent la compétence en la matière, a indiqué Yassia KINDO. Concrètement, ce document-cadre devrait permettre la mise en place d’un système opérationnel de gestion intégrée et durable des déchets solides sur l’ensemble du territoire national, avec une priorité accordée aux villes de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso.

Le directeur général de l’environnement et du cadre de vie, Abdoulaye BAZIÉ, a souligné que la mauvaise gestion des déchets constitue un défi majeur au Burkina Faso et nécessite des actions renforcées sur le terrain. Pour y remédier, les autorités ont élaboré une stratégie de gestion des déchets des centres urbains pour la période 2026-2030. Celle-ci prévoit notamment le déploiement de poubelles dans les espaces publics et l’acquisition d’équipements au profit des communes. La mise en œuvre de ces actions et la réalisation des investissements nécessaires devraient contribuer à renforcer le système de gestion des déchets à Ouagadougou, à Bobo-Dioulasso et dans les autres villes du pays.

Pour traduire ces ambitions en actions concrètes, la stratégie globale prévoit une enveloppe de près de 46 milliards de FCFA destinée à renforcer la gestion des déchets solides. Les actions envisagées comprennent, entre autres, la mise à disposition de 7 000 poubelles dans les espaces publics des communes, la construction ou la réhabilitation de 77 centres de collecte et de tri à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso, ainsi que la réalisation de cinq centres de transfert modernes. La stratégie vise également un taux de valorisation de 70 à 90 % des déchets produits.

Saïdou NASSOURI, directeur de la salubrité publique et de l’hygiène de la commune de Ouagadougou, a salué l’initiative des autorités visant à renforcer la gestion des déchets solides au Burkina Faso. Il a souligné que cette gestion nécessite l’accompagnement de l’État, mais aussi la mobilisation de tous les acteurs, notamment les ménages, les commerces, les industries et les administrations.

Rappelant le principe du « pollueur-payeur », il estime que chaque producteur de déchets doit contribuer à leur gestion afin de garantir un cadre de vie sain et de préserver la santé publique. Les travaux de validation du document-cadre interviennent dans un contexte national marqué par une production importante de déchets. Selon les données de terrain de 2025 présentées au cours de l’atelier, entre 3 et 4 millions de tonnes de déchets solides sont produites chaque année au Burkina Faso, dont 800 000 à 900 000 tonnes à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso.

Au regard de l’urgence d’une prise de conscience collective face aux dangers de l’insalubrité pour la santé publique, les autorités invitent les populations à s’engager dans une action concertée avec les structures spécialisées, afin de faire des villes et des campagnes des espaces salubres et d’améliorer le cadre de vie. À l’issue des travaux, les responsables ont procédé à la signature conjointe d’une convention et à l’installation de poubelles ou de bacs à ordures, marquant ainsi leur volonté commune d’améliorer la salubrité publique.

Lucien DAKISSAGA ✍️

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