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Burkina Faso: les armes gagnent la guerre, la culture gagne la paix

Il y a deux guerres que le Burkina Faso doit gagner en même temps. La première se voit, elle s’entend, elle se compte en villages reconquis, en pistes rouvertes et en positions ennemies démantelées. C’est la guerre des armes, celle que mènent avec courage les Forces de Défense et de Sécurité et les Volontaires pour la Défense de la Patrie.

La seconde ne fait pas de bruit, elle ne se voit pas à la télévision, mais elle est tout aussi décisive. C’est la guerre de l’âme, la guerre de la culture, celle qui va déterminer si la paix arrachée sera une paix durable ou une simple accalmie. L’une sans l’autre est incomplète.

« Les armes gagneront la guerre, mais seule la culture gagnera la paix. » Cette phrase de l’ancien ministre d’État, ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, aujourd’hui Premier ministre, le camarade Rimtalba Jean-Emmanuel OUÉDRAOGO, enseigne une vérité fondamentale.

La guerre des armes est une nécessité imposée par l’histoire. Sans elle, il n’y a pas d’État, pas d’école, pas de justice, pas de développement. Quand un village est occupé, il n’est pas question de modernisation de la justice ou de pavage d’avenue, mais de survie. C’est pourquoi l’effort de guerre consenti par le peuple burkinabè est le socle de tout le reste. C’est grâce à cet effort que la technique Do-Nou a pu mobiliser plus de 200 000 volontaires pour tracer 144 kilomètres de pistes rurales, que Faso Mêbo parvient à paver avec des citoyens qui viennent travailler volontairement le samedi, ou que le CHU de Pala est en train d’être désenclavé.

Chaque brique posée, chaque dossier jugé en 55 jours au lieu d’un an, chaque centre réhabilité pour les enfants vulnérables n’est possible que parce que les soldats tiennent la ligne. Les armes sont le bouclier qui protège le corps de la Nation.

Mais un bouclier ne suffit pas à faire vivre un homme. Une fois l’ennemi repoussé et le village libéré, la question la plus difficile commence : que met-on dans le cœur de la jeunesse qui a vu la guerre ? Si le vide persiste, la haine, l’extrémisme et le désir de vengeance viendront s’y installer. C’est ici que la culture intervient comme le ciment de la paix. La culture n’est pas le simple folklore réservé aux cérémonies officielles. La culture, c’est la manière dont un peuple se voit lui-même, la manière dont il se raconte son passé et imagine son avenir.

Pendant des décennies, l’idée a été inculquée qu’il fallait tourner le dos à son identité, parler la langue des autres, penser avec leurs concepts et rougir de ses traditions. Cette dépossession culturelle constitue la racine même de la vulnérabilité. Un peuple qui ignore son histoire est un peuple manipulable.

La Révolution Progressiste Populaire, portée par le Capitaine Ibrahim TRAORÉ, a replacé cette vérité au centre de l’action publique. Le chef de l’État l’a rappelé clairement : « Nous devons nous départir de la mentalité d’esclave, décoloniser nos mentalités et nous assumer en tant que Africains. Personne ne viendra développer le Burkina Faso à notre place. » Se départir de la mentalité d’esclave, c’est refuser de croire que la solution viendra toujours de l’extérieur. Décoloniser les mentalités, c’est réhabiliter les valeurs endogènes, enseigner l’histoire des résistants, valoriser les langues nationales et écouter les savoirs locaux.

Quand un enfant grandit en connaissant ses figures historiques, quand il comprend que ses ancêtres ont bâti des civilisations, et quand il voit ses parents construire eux-mêmes les infrastructures de leur communauté, une fierté naît. Un peuple fier ne se vend pas, ne se laisse pas diviser et ne prend pas les armes contre ses frères. La culture fabrique l’immunité collective contre l’idéologie de la haine. Les armes chassent la peur du territoire, la culture chasse la peur restée dans les cœurs.

Au final, l’histoire jugera cette génération sur ces deux tableaux : le courage de gagner la guerre, et l’intelligence de gagner la paix.

La première se gagne avec des armes et du sacrifice ; la seconde se gagne avec des livres, des instruments, des pavés posés ensemble et une fierté retrouvée. Les armes redonnent la terre, la culture redonne l’identité. Et un peuple doté du courage, de l’identité et de la vérité demeure invincible.

Nabi Issouf DIALLO

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