Burkina Faso/ « Diaspora Bonds »: 125 milliards FCFA pour bâtir la souveraineté économique
La mobilisation du peuple burkinabè autour des projets structurants se poursuit, tant sur le territoire national qu’au-delà des frontières. Ce mercredi 6 mai 2026, le ministre de l’Économie et des Finances, le Dr Aboubacar NACANABO, a procédé à Ouagadougou au lancement officiel d’un emprunt obligataire par appel public à l’épargne, dénommé « Diaspora Bonds », sur le marché financier de l’UEMOA. La cérémonie, placée sous le parrainage du ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie TRAORÉ, a réuni la ministre de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques, Aminata ZERBO/SABANE, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le Pr Adjima THIOMBIANO, ainsi que plusieurs responsables d’institutions bancaires et financières.
Pour la première fois de son histoire, le pays des Hommes intègres franchit une étape décisive dans la mobilisation des ressources financières. Le projet « Diaspora Bonds », initiative pionnière, vise à collecter 125 milliards de FCFA sur un objectif global de 240 milliards prévu pour la période 2026–2027 auprès de la diaspora burkinabè, afin de financer le développement national.

Les souscriptions à cet emprunt obligataire, lancé sur le marché financier de l’UEMOA, sont ouvertes du 6 mai au 6 juin 2026, avec possibilité de prolongation. Le prix de l’obligation est fixé à 10 000 FCFA. Dénommées « TPBF Diaspora Bonds », les deux tranches de l’émission se déclinent comme suit : Tranche A : 45 milliards FCFA, taux d’intérêt de 6,75 %, durée de cinq ans (2026-2031) ;Tranche B : 80 milliards FCFA, taux d’intérêt de 6,85 %, durée de sept ans (2026-2033).

Selon le directeur général de la Société burkinabè d’intermédiation financière (SBIF), co-arrangeur et chef de file de l’opération, Alexis LOURGO, l’amortissement du capital est semestriel, avec un différé d’un an. Les revenus générés par ces obligations sont exonérés d’impôts pour les investisseurs résidents, ainsi que pour les membres de la diaspora burkinabè disposant des documents requis.
Le ministre de l’Économie et des Finances a salué la mise en place de cette initiative. « L’emprunt patriotique que nous lançons aujourd’hui n’est pas un instrument financier comme les autres. C’est un outil de souveraineté économique, un levier d’investissement structurant et un pont durable entre la nation et sa diaspora », a-t-il déclaré.

Il a ajouté que cette initiative repose sur une vision claire : permettre à chaque Burkinabè, de l’intérieur comme de l’extérieur, de participer directement au financement de projets concrets, visibles et transformateurs.
Les fonds ainsi mobilisés contribueront au financement de plusieurs projets d’envergure, notamment une zone agro-industrielle, une unité de production d’engrais, des infrastructures énergétiques, des unités de valorisation des déchets, des logements sociaux et des infrastructures routières.

Le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie TRAORÉ, a pour sa part salué une initiative qu’il qualifie d’acte citoyen, de confiance et de souveraineté économique. Selon lui, ce projet consacre la diaspora burkinabè comme une force stratégique de transformation nationale. « Là où certains voyaient une fuite de compétences, nous voyons aujourd’hui un capital d’intelligence, d’expérience et d’influence », a-t-il souligné, ajoutant que ce projet constitue « un pont entre la nation et ses filles et fils, où qu’ils se trouvent dans le monde ».

L’emprunt obligataire est ouvert aux personnes physiques et morales des pays membres de l’UEMOA, ainsi qu’aux investisseurs institutionnels, régionaux et internationaux. Le code ISIN de l’émission A est BF0000004663, celui de l’émission B est BF0000004671.
Par cette initiative, le Burkina Faso entend faire de sa diaspora une force stratégique d’investissement au service de la souveraineté économique et d’une croissance durable, conformément à la vision du Capitaine Ibrahim TRAORÉ, Président du Faso, Chef de l’État.
Lucien DAKISSAGA ✍️
Crédit photo : Brigitte TANA TANKOANO
