[#Burkina_Faso] SN CITEC : Une Renaissance Industrielle au Service de la Souveraineté Économique
Moins d’un an après sa nationalisation, la Société Nouvelle Huilerie et Savonnerie CITEC (SN CITEC) incarne un symbole fort de la reconquête économique du Burkina Faso. L’entreprise, privatisée en 1995 et longtemps fragilisée par des difficultés de gouvernance et de sous-investissement, a été reprise par l’État le 20 novembre 2025 pour préserver un outil industriel stratégique. Cette décision s’inscrit dans la vision stratégique du Capitaine Ibrahim TRAORÉ, Président du Faso, Chef de l’État, qui fait de la souveraineté économique et de la transformation locale des matières premières une priorité nationale. Aujourd’hui, la SN CITEC affiche une dynamique de relance spectaculaire, portée par une vision claire : transformer localement les matières premières agricoles nationales pour réduire la dépendance aux importations et créer de la valeur ajoutée au profit des producteurs burkinabè.

Les résultats du premier semestre 2026 témoignent de cette métamorphose. La SN CITEC a réalisé un chiffre d’affaires de 14,229 milliards de FCFA, en hausse de 130 % sur un an, dépassant déjà les 11 milliards enregistrés avant la nationalisation. L’entreprise a fonctionné 156 jours, contre seulement 53 jours un an plus tôt, triturant 48 000 tonnes de graines et produisant près de 8 000 tonnes d’huile raffinée, soit environ 8,4 millions de litres. Ces performances résultent d’un effort conjoint de relance opérationnelle, de maîtrise des coûts (près de 300 millions de FCFA d’économies réalisées) et de renforcement de la gouvernance, avec plus de 200 emplois permanents et 400 emplois occasionnels préservés ou mobilisés.
La SN CITEC ne se contente pas de relancer ses activités historiques ; elle engage une diversification stratégique de son offre pour conquérir de nouveaux marchés et répondre aux attentes des consommateurs burkinabè.

Le retour de la pâte d’arachide « Tiguèdiguè » constitue l’un des projets les plus emblématiques de cette nouvelle dynamique. Longtemps absente des rayons, cette marque populaire avait été abandonnée face à la concurrence des transformatrices artisanales et aux difficultés d’approvisionnement en arachide de qualité. La réhabilitation du bâtiment de production est en phase terminale, et la reprise effective des activités est imminente. Ce retour symbolise la volonté de l’entreprise de participer activement à la valorisation des productions agricoles nationales et de stimuler la filière arachidière.
Parallèlement, la société prévoit de développer la production d’huiles diversifiées, notamment à base d’arachide, de karité et de tournesol, élargissant ainsi son portefeuille au-delà de l’huile de coton. La création d’une unité moderne de production de beurre de karité vise à inverser la tendance à l’exportation de cette ressource à l’état brut, en maîtrisant toute la chaîne de valeur, de l’amande au produit fini, pour capter davantage de valeur ajoutée et créer des emplois qualifiés.
Dans le secteur de la savonnerie, activité historique de l’entreprise, d’importants investissements sont annoncés. La modernisation des installations avec des équipements plus performants permettra de doubler la capacité de production, tandis que l’introduction de détergents en poudre et liquides ainsi que de nouveaux savons de toilette plus élaborés viendra enrichir l’offre.
Enfin, pour réduire sa dépendance vis-à-vis des fournisseurs extérieurs, la SN CITEC prévoit la création d’une unité interne de fabrication de bidons de 20 litres. Ce projet de renforcement du conditionnement devrait sécuriser la chaîne de production tout en améliorant la disponibilité des emballages. Le développement de petits formats de conditionnement d’huile est également envisagé pour toucher une clientèle plus large et s’adapter aux réalités du pouvoir d’achat.
La stratégie de la SN CITEC s’articule autour de cinq projets structurants représentant près de 25 milliards de FCFA d’investissements. Une délégation d’experts des sociétés indiennes Milindia et Kumar Metal Industries a conduit un diagnostic complet des installations en juillet 2026, aboutissant à un programme d’investissements ambitieux. L’État, sous l’impulsion du Capitaine Ibrahim TRAORÉ, accompagne notamment la modernisation de la savonnerie à travers un financement de 14 milliards de FCFA du ministère de l’Économie et des Finances.
Parmi les infrastructures stratégiques figurent une nouvelle unité de raffinage de l’huile brute de palme, destinée à transformer localement cette matière première et à réduire les importations de produits finis, ainsi qu’une unité de prétraitement du soja pour améliorer les rendements et la qualité des produits de cette filière, tout en sécurisant l’approvisionnement en intrants pour l’alimentation animale. L’installation d’une nouvelle chaudière industrielle vise à améliorer les performances énergétiques et à réduire l’empreinte carbone de l’entreprise.

Au-delà du renouvellement des équipements, cette coopération avec les industriels indiens ouvre la voie à un transfert de savoir-faire et à une montée en compétences des équipes techniques de la SN CITEC. Le directeur général, Nomandé Prosper KOLA, a insisté sur la nécessité d’en faire un outil stratégique de souveraineté économique, en mettant l’accent sur la modernisation des équipements de production, l’augmentation des capacités de trituration, la diversification des matières premières locales et la sécurisation de l’approvisionnement en graines de coton.
La relance de la SN CITEC ouvre des perspectives prometteuses à plusieurs niveaux. Sur le plan économique, la transformation locale des matières premières agricoles permet de réduire le déficit de la balance commerciale et de renforcer la souveraineté alimentaire du pays. L’entreprise contribue à structurer des filières agricoles stratégiques coton, arachide, karité, soja en offrant des débouchés aux producteurs locaux et en stimulant l’économie rurale.
Sur le plan social, la préservation et la création d’emplois directs et indirects constituent un enjeu majeur. La relance de l’unité de pâte d’arachide pourrait générer des emplois dans la production, la transformation et la distribution, tout en dynamisant la filière arachidière. Dans un contexte où la promotion du « consommer local » gagne du terrain, la renaissance de marques emblématiques comme « Tiguèdiguè » renforce le sentiment d’appartenance et la fierté nationale.

Enfin, la direction commerciale entend renforcer le réseau de distribution, conquérir de nouveaux marchés et fidéliser davantage les clients. Les rencontres avec les grossistes partenaires, notamment dans la zone Sud-Ouest, témoignent de cette volonté de consolider les relations commerciales et d’adapter l’offre aux attentes des distributeurs.
La SN CITEC se trouve à un tournant décisif de son histoire. Portée par une volonté politique affirmée et une stratégie industrielle ambitieuse, elle incarne l’ambition du Capitaine Ibrahim TRAORÉ de reprendre le contrôle des secteurs stratégiques du Burkina Faso et de bâtir une économie souveraine, créatrice d’emplois et de valeur ajoutée locale. Les défis restent nombreux, notamment pour la sécurisation de l’approvisionnement en matières premières, la montée en compétences et l’accès aux financements mais la dynamique engagée et les résultats déjà obtenus augurent d’une renaissance durable pour cette entreprise historique du paysage industriel burkinabè.
KTA ✍️
#FasoVoxpress
