Burkina Faso/Ouagadougou : 50 détenus de la Prison de haute sécurité au cœur d’un projet de déradicalisation et de réinsertion
Rétablir durablement la paix en offrant une seconde chance aux détenus de la Prison de haute sécurité : telle est l’initiative portée par l’Union fraternelle des croyants de Dori (UFC-DORI), l’UNIJED/AFRIQUE, la coalition JAM et financé par le Fonds mondial pour l’engagement des communautés pour la résilience ( GCERF). Ce 23 septembre 2026, s’est tenu le lancement de l’atelier de validation du projet « Reconstruire le vivre-ensemble » et de la mise en œuvre de sa composante déradicalisation à la Prison de haute sécurité de Ouagadougou, sous la présidence du directeur général de l’établissement pénitentiaire, le Camarade inspecteur de sécurité pénitentiaire principal Pinga ZONGO. La cérémonie a réuni plusieurs responsables de l’administration pénitentiaire ainsi que des responsables du projet.

Ces dernières années, la Révolution Progressiste Populaire a engagé plusieurs réformes judiciaires visant à rendre la justice plus humaine. À cet égard, certains éléments issus des rangs des groupes armés terroristes, interpellés par les forces combattantes, bénéficient de ces réformes, dans l’optique de leur offrir la clémence de la Nation et de leur permettre de renouer avec la société par la réinsertion sociale et professionnelle. Le projet « Reconstruire le vivre-ensemble », plus précisément sa phase relative à la déradicalisation et à la réinsertion socio-économique intégrée (DRSI) des détenus, s’inscrit dans cette dynamique.

En partenariat avec l’administration pénitentiaire, les responsables du projet entendent adopter un modèle de déradicalisation issu d’expériences locales et inspiré de pratiques éprouvées au Niger.

Selon le Camarade Herman KALMOGO, chef du projet, cette initiative s’articule autour de quatre axes, à savoir l’évaluation initiale du profil des détenus, l’accompagnement psychosocial, la déconstruction de l’idéologie radicale et l’apprentissage des métiers. Elle vient en appui aux efforts de l’État dans la lutte contre la radicalisation et l’extrémisme violent, en contribuant à répondre au faible accès des jeunes aux opportunités économiques, à l’insuffisance des services d’appui psychosocial aux victimes de l’extrémisme violent et à la radicalisation en milieu carcéral.
Prévu pour deux ans, le projet est en cours depuis janvier 2026 et intervient dans 11 communes, dont cinq dans la région du Liptako, une dans le Soum, quatre dans la région du Yaadga et une dans la région du Goulmou. Toutefois, dans le cadre de la phase pilote, 50 détenus de la Prison de haute sécurité de Ouagadougou vont en bénéficier.

Le Camarade Directeur de la Prison de haute sécurité, l’inspecteur de sécurité pénitentiaire principal Pinga ZONGO, a salué la mise en œuvre du projet, surtout en milieu carcéral, où le besoin est pressant. Il a exhorté les acteurs à s’impliquer pleinement, avec l’espoir d’atteindre un taux de réussite de 90 % dans la mise en œuvre du projet.

Au-delà de la réhabilitation et de la réinsertion socio-économique des détenus, c’est la quête d’un modèle adapté au contexte national qui confère à ce projet sa spécificité. « L’initiative qui nous réunit aujourd’hui est d’autant plus importante qu’elle vise à construire un modèle adapté aux réalités du Burkina Faso et aux spécificités du milieu carcéral. L’activité de ce jour constitue une étape déterminante. Il ne s’agit pas seulement de présenter un modèle, mais de l’examiner, de l’enrichir et de le valider de manière participative », a souligné le Camarade chargé de mission du ministère de la Justice, Fidèle KONATÉ, représentant le ministre.

Pour sa part, le Camarade Ambroise DIARRA, représentant le chef de file du consortium (UFC-DORI, UNIJED/AFRIQUE et coalition JAM), a précisé que le modèle de déradicalisation n’est pas une conception purement théorique, mais le fruit de concertations avec des personnes-ressources, de l’expérience acquise aux côtés de l’administration pénitentiaire et des expériences de déradicalisation menées au Niger.

Entre prestations artistiques offertes par les pensionnaires, la cérémonie s’est achevée par une visite de l’exposition des articles confectionnés par les détenus, ainsi que des champs de riz et d’arachide et d’une porcherie entrant dans le cadre des activités d’élevage. Ces actions s’inscrivent dans la vision globale de préparer en amont les détenus à leur future vie après leur sortie de prison.
Ainsi, grâce à cette initiative du consortium, le projet « Reconstruire le vivre-ensemble » offre au pays des Hommes intègres l’opportunité de se doter d’un modèle de déradicalisation et de réintégration adapté à son contexte. Tout en participant à l’humanisation du milieu carcéral, conformément à la vision du Camarade Capitaine Ibrahim TRAORÉ, Président du Faso, Chef de l’État, c’est le Burkina Faso qui renoue avec ses valeurs endogènes, en offrant à ses fils égarés d’hier la possibilité de renouer avec la Patrie et de contribuer à son développement économique et social.
Lucien DAKISSAGA
