Sénégal: Ousmane SONKO au perchoir, l’Assemblée nationale reprend sa fonction de contrôle du pouvoir

  1. Après son limogeage de la Primature, Ousmane SONKO a pris fonction à la tête de l’Assemblée nationale ce mardi 26 mai 2026. Le passage du gouvernement au perchoir marque une importante étape dans la séquence politique ouverte depuis plusieurs mois. Son discours d’investiture a fixé le cap sans ambiguïté en ces termes : « en démocratie, aucun poste n’épuise la légitimité populaire ».

Le message est politique et institutionnel. En rappelant que l’Assemblée est le creuset du pouvoir du peuple, SONKO annonce que l’institution ne sera pas une caisse d’enregistrement. Elle usera de tous les leviers de contre-pouvoir pour contrôler l’action gouvernementale et exiger la reddition des comptes. Le ton est donné dès la prise de fonction. Le Parlement retrouve sa vocation d’arbitre et de contrepoids face à l’exécutif.

Cette orientation change la nature du jeu politique sénégalais. Jusqu’ici dominée par l’exécutif, la relation entre les deux pouvoirs entre dans une phase de tension productive. Le contrôle budgétaire, l’évaluation des politiques publiques, les commissions d’enquête et les auditions ministérielles redeviennent des outils effectifs. Le moins que l’on puisse dire , la gestion du pouvoir par FAYE , ne sera pas un long fleuve tranquille. Avec SONKO, l’Assemblée passe d’une chambre d’enregistrement à un espace de vérification et de sanction politique.

Le contexte rend la portée du message plus forte. La rupture entre SONKO et Bassirou Diomaye FAYE a déplacé le centre de gravité du pouvoir. Avec un ancien Premier ministre à la tête du législatif, le contrôle parlementaire gagne en expertise et en légitimité populaire. Les dossiers techniques seront désormais examinés par quelqu’un qui connaît l’intérieur de l’appareil d’État et qui dispose d’un ancrage direct dans l’opinion.

Pour le gouvernement, la période qui s’ouvre exige plus de rigueur et de transparence. Chaque projet de loi, chaque dépense publique, chaque engagement international sera soumis à un examen plus serré. La reddition des comptes ne relève plus de la posture, elle devient une procédure obligatoire sous peine de blocage institutionnel même si SONKO a rassuré qu’il ne va pas occasionner un blocage institutionnel. C’est le fonctionnement normal d’une démocratie vivante.

Le Sénégal vit une période inédite d’effervescence politique. La prise de fonction de SONKO au perchoir accélère cette dynamique. En repositionnant l’Assemblée nationale au centre du dispositif démocratique, il rappelle une règle simple qui est que la légitimité ne se délègue pas une fois pour toutes. Elle se renouvelle dans le contrôle, le débat et la responsabilité.

 

Soumoubienkô KI✍️

 

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