Burkina Faso/ Nayala : Kissan consacre Nientoundan, mère fondatrice de trois villages, et scelle un pacte de mémoire et de paix
Le village mythique de Kissan, situé dans le canton de Yaba, a accueilli le 15 mai 2026 la célébration provinciale de la Journée nationale des coutumes et des traditions pour le Nayala. Autorités administratives, coutumières et religieuses, filles et fils de Kissan, ainsi que les populations venues de Yaba, Bounou, Toma, Kougny et Yé se sont rassemblés pour inscrire cette journée dans la mémoire collective et réaffirmer que les racines constituent le socle de l’unité nationale.
Au cœur de la cérémonie, un hommage solennel a été rendu à la patriarche Nientoundan, mère des fondateurs de Kissan, Yaba et Bounou. Sa tombe, découverte à Kissan, atteste de l’origine commune de ces trois localités, nées des enfants d’une même mère.
Dès l’ouverture, les représentants du chef de terre ont procédé au rituel sur le lieu sacré. Poulets, chèvres et bœufs ont été immolés pour invoquer la paix à Kissan, dans le Nayala et sur l’ensemble du Burkina Faso. Une fois le sacre accompli, le chef de terre a souhaité la bienvenue aux hôtes sur la terre des ancêtres et formulé des prières pour la concorde nationale.
Placée sous l’égide du Douti Lawamago SOMOZÉNA, la cérémonie a permis aux participants de saluer une lignée qui structure l’identité du Nayala. Les délégations de Yaba et Bounou, villages frères de Kissan, ont rendu hommage à l’organisation de cette édition provinciale à Kissan. Les représentants des cantons de Yaba, Toma, Kougny et Yé ont ensuite salué l’engagement du chef de Kissan pour la valorisation de la culture.
Le Douti LAWAMAGÔ SOMOZENA de KISSAN a souligné que cette célébration consacre la spiritualité au service de la cohésion sociale. « La patriarche Nientoundan est notre dénominateur commun. L’aîné a fondé Yaba, le cadet Bounou, le benjamin Kissan où la mère est restée. Sa tombe, lieu sacré depuis des siècles, est aujourd’hui un symbole de paix et un patrimoine à préserver pour toute la province et pour le Burkina Faso », a-t-il déclaré. Il a lancé un appel aux historiens, anthropologues et hommes de culture afin d’approfondir cette histoire et de produire des outils pédagogiques permettant à la jeunesse scolaire de s’approprier et de pérenniser ces valeurs.
Le haut-commissaire du Nayala, Honoré Frédéric PARÉ, a rappelé le parcours de cette célébration provinciale, après Toma et Zouma, et justifié le choix de Kissan par la force édifiante de son récit fondateur. Il a insisté sur le rôle des coutumes et des traditions comme vecteurs de dialogue interreligieux et de coexistence, conditions indispensables à une paix durable entre les populations, dans l’acceptation mutuelle.
La cérémonie, ponctuée par les prestations des griots et des chantres traditionnels, s’est achevée dans un esprit de prière et de satisfaction. À peine les rites terminés, une pluie généreuse s’est abattue sur Kissan et plusieurs localités du Nayala. Les traditionalistes y ont vu un signe favorable, une réponse aux prières formulées pour la paix et la prospérité du pays.
En consacrant Nientoundan, Kissan affirme son rôle de gardien de la mémoire et offre au Burkina Faso un exemple concret : ancrer l’avenir dans la connaissance et le respect des figures fondatrices pour bâtir une nation réconciliée avec elle-même.
Soumoubienkô KI
