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Burkina Faso/Lancement du curage de quatre barrages à Ouagadougou : un défi de 57 000 m³ d’eau par jour pour la souveraineté hydrique

Le Burkina Faso franchit une nouvelle étape dans la mobilisation des eaux de surface. Le ministre d’État, ministre de l’Agriculture, de l’Eau et des Ressources animales et halieutiques, le Commandant Ismaël SOMBIÉ, a procédé, ce vendredi 1er mai 2026 à Ouagadougou, au lancement officiel des travaux de curage des cuvettes des barrages n°1, 2, 3 et de Boulmiougou. La cérémonie a connu la présence de la ministre de la Famille et de la Solidarité nationale, le Lieutenant-colonel Passowendé Pélagie KABORÉ, des autorités de la région du Kadiogo, des chefs coutumiers ainsi qu’une forte mobilisation des populations.

L’amélioration de la disponibilité des ressources en eau constitue une priorité nationale et s’inscrit dans la volonté des autorités de renforcer la souveraineté hydrique. Le curage de ces infrastructures s’inscrit dans le cadre d’une campagne nationale visant à accroître les capacités de retenue d’eau des barrages. Cette initiative prévoit le curage de 100 barrages sur l’ensemble du territoire national, lancée officiellement le 31 janvier 2026, pour un coût estimé à plus de 19 milliards de FCFA.

Selon le ministre d’État, le Commandant Ismaël SOMBIE, les travaux en cours devraient permettre d’extraire environ 600 000 m³ de sédiments en trois semaines sur les quatre barrages concernés. « Les travaux visent à restaurer environ 25 % de la capacité initiale des réservoirs », a-t-il précisé. Il a ajouté que l’opération vise également à prévenir les risques d’inondation. Selon lui, le barrage n°2 de Tanghin présente à lui seul un volume d’ensablement estimé à plus d’un million de m³, soit environ 90 000 camions de 20 m³. Cette situation est due aux activités humaines et aux mauvaises pratiques sur cette retenue d’eau vieille de plus de 60 ans.

Les travaux ont été confiés à des structures nationales telles que la SONATER (Société nationale de l’aménagement des terres et de l’équipement rural) et l’ONBAH (Office national des barrages et des aménagements hydro-agricoles). Les chantiers se dérouleront en continu afin de respecter les délais avant l’installation effective de la saison des pluies.

À terme, ces travaux devraient contribuer à améliorer l’approvisionnement en eau potable à Ouagadougou, où le déficit journalier est estimé à 57 000 m³, selon le ministre. Cette situation affecte les capacités de distribution de l’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA).

Par ailleurs, la mise en œuvre de ces travaux a entraîné le déguerpissement de certains occupants des berges. Les autorités ont annoncé des mesures d’accompagnement en leur faveur. Ainsi, avec l’appui de la délégation spéciale de la commune de Ouagadougou, 100 hectares ont été mobilisés sur la bande verte pour les exploitants concernés. « La SONATER y réalisera des forages à gros débit afin de permettre une production agricole tout au long de l’année », a indiqué le ministre.

En outre, les personnes affectées ont bénéficié d’un appui en vivres, estimé à 25 tonnes du ministère de la Famille et de la Solidarité, ainsi que de 45 tonnes d’engrais (minéraux et organiques) et d’équipements d’irrigation, notamment des motopompes solaires, fournis par le ministère en charge de l’Agriculture.

Ces initiatives, engagées sous l’impulsion du Capitaine Ibrahim TRAORÉ, Président du Faso, Chef de l’État, visent à améliorer l’accès à l’eau et à soutenir les activités agro-pastorales, dont dépend une grande partie de la population.

Lucien DAKISSAGA ✍️

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