Burkina_Faso « Celui qui nous nourrit nous dictera ses lois » : à la montée des couleurs, le ministre de la Communication sonne la charge du “Consommons Burkinabè”
Fidèle à la tradition de la nation, le ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme a observé, ce lundi 5 octobre, dans l’enceinte de son bâtiment administratif à Ouagadougou, la traditionnelle cérémonie mensuelle de montée des couleurs. Dans un contexte particulier marqué par la tenue des Journées Nationales d’Engagement Patriotique et de Participation Citoyenne, l’acte a revêtu une portée hautement symbolique, mobilisant l’ensemble du personnel autour du ministre Pingdwendé Gilbert OUÉDRAOGO, en présence de la ministre de la Famille, Passowendé Pélagie KABORE, et de la ministre des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi, Annick Lydie Pigbougoum ZINGUE OUATTARA.
À l’issue de l’hymne national entonné d’une seule voix, le ministre de la Communication, porte-parole du Gouvernement, a livré le message du Chef de l’État, le Capitaine Ibrahim TRAORE, centré sur un impératif : faire du patriotisme économique la règle à travers le « Consommons Burkinabè ». Dans un discours ferme et pédagogique, il a invité chaque Burkinabè à faire de chaque achat un acte de souveraineté. « C’est dans la boutique, chez le tailleur, que le Burkina reste souverain. Si nous ne produisons pas ce que nous consommons, les autres finiront par nous nourrir. Et celui qui nous nourrit nous dictera ses lois », a-t-il martelé.
Pour le Chef de l’État, trois verrous majeurs entretiennent encore le cordon de la dépendance. Le premier est celui de la production. Malgré des bras valides, le pays ne produit pas suffisamment ce qu’il consomme, alors que chaque fois que l’effort a été fait, la terre a répondu généreusement. Le second verrou est celui de la transformation. « Le coton ne doit plus quitter en balles pour nous revenir en vêtements. Chaque fois que nous exportons sans transformer, nous exportons la valeur ajoutée et les emplois qui vont avec », a rappelé le ministre. Le troisième verrou, plus culturel, est celui de la consommation elle-même, qu’il faut ancrer dans les esprits.
À ce titre, le ministre a salué le paysan burkinabè non comme un assisté, mais comme un combattant de la souveraineté, et a appelé les femmes, gardiennes de la marmite familiale, à être les premières actrices du « Consommons Burkinabè ». « Une partie de la souveraineté se joue dans la marmite. Si les femmes sont pro-impérialistes, les repas seront pro-impérialistes », a-t-il lancé, les exhortant à s’approprier les produits locaux. Il a également interpellé les commerçants, sommés de choisir leur camp : être un relais de la souveraineté ou un relais de la dépendance, tout en dénonçant la fraude et les discours à double face de ceux qui prônent le local en public mais consomment étranger en privé, qualifiant ces actes de trahison. Il a invité, dans ce sens, au changement de mentalité.
Sur le volet environnemental, il a rappelé que planter un arbre est un acte révolutionnaire qui protège les sols et restaure les terres, invitant à reverdir partout. Pour concrétiser cette révolution des mentalités, il a appelé à faire de la consommation locale la règle dans la commande publique, dans les cantines scolaires, et à exiger systématiquement l’origine des produits sur les marchés. Le Faso Danfani et le Koko Dunda, a-t-il insisté, ne sont pas de simples pagnes, mais des tenues d’honneur qui exigent en retour une exigence de qualité de la part des producteurs.
Enfin, il a invité la jeunesse et la diaspora à devenir les ambassadeurs du « Made in Burkina », renouant avec la vision du 29 juillet 1987 où le Capitaine Thomas SANKARA appelait à faire du marché africain le marché des Africains, une vision que l’AES doit aujourd’hui concrétiser en ouvrant ses marchés aux produits du continent.
Soumoubienkô KI ✍️
