[#Burkina_Faso] Conseil des ministres : un projet de loi pour renforcer la santé animale et publique vétérinaire
Réuni en Conseil des ministres ce jeudi 13 mai 2026, le gouvernement burkinabè a examiné et adopté un projet de loi portant Code de santé animale et de santé publique vétérinaire. Cette réforme majeure vise à adapter le dispositif législatif national aux nouveaux défis sanitaires, économiques et technologiques qui touchent le secteur de l’élevage, considéré comme un pilier stratégique de l’économie nationale et de la sécurité alimentaire.
Depuis l’adoption de la loi n°048-2017/AN du 16 mai 2017, le Burkina Faso s’est doté d’un cadre juridique ayant permis d’améliorer la prévention et le contrôle des maladies animales tout en renforçant la protection de la santé publique vétérinaire. Cependant, après plusieurs années de mise en œuvre, des insuffisances ont été relevées par les autorités compétentes. À cela s’ajoutent les profondes mutations enregistrées dans les domaines sanitaire, institutionnel et scientifique, rendant indispensable une révision du texte afin de mieux répondre aux réalités actuelles.
Le nouveau projet de loi introduit plusieurs innovations importantes destinées à moderniser et renforcer la gouvernance du secteur vétérinaire. Parmi les principales mesures figure le renforcement du statut du vétérinaire commissionné, désormais consacré sous l’appellation de « vétérinaire officiel ». Cette reconnaissance vise à consolider l’autorité et la crédibilité des professionnels chargés du contrôle sanitaire animal.
Le texte prend également en compte des problématiques mondiales devenues incontournables, notamment la résistance aux antimicrobiens, le bien-être animal ainsi que l’approche « One Health » ou « Une seule santé », qui établit un lien étroit entre la santé humaine, animale et environnementale. Cette orientation traduit la volonté des autorités burkinabè d’inscrire leur politique vétérinaire dans une dynamique internationale de prévention des risques sanitaires.
Autre innovation notable, le projet de loi prévoit la possibilité pour l’État d’accorder une exclusivité à une structure publique vétérinaire pour l’importation de certaines catégories de médicaments vétérinaires jugés stratégiques. Cette disposition devrait permettre un meilleur contrôle des produits vétérinaires sensibles et renforcer la souveraineté sanitaire nationale.
Le gouvernement entend également lever certaines restrictions liées à l’exercice de la médecine et de la pharmacie vétérinaires par les services publics, tout en intégrant officiellement la médecine vétérinaire traditionnelle dans le dispositif légal. En parallèle, les sanctions prévues en cas d’infractions ont été renforcées afin de garantir une meilleure application de la réglementation.
À travers cette réforme, les autorités affichent leur ambition de consolider la souveraineté du Burkina Faso en matière de santé et de production animales, avec pour objectif de garantir durablement la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations. Le Conseil des ministres a ainsi donné son accord pour la transmission du projet de loi à l’Assemblée législative du Peuple pour examen et adoption.
Ismaël KIEKIETA ✍🏼
#FasoVoxpress
