[#Burkina_Faso] Claviers contre kalachnikovs : la guerre invisible contre le pays des Hommes intègres
Aujourd’hui, un mensonge fabriqué à Paris peut faire plus de dégâts qu’une colonne de terroristes dans le Sahel. Une fausse vidéo sur TikTok peut démobiliser plus de jeunes que dix attaques sur le terrain. C’est le champ de bataille le plus invisible et le plus décisif de notre époque.

Pendant longtemps, l’information a été perçue comme neutre, et les médias internationaux comme de simples vecteurs d’information. La réalité de ces trois dernières années a brutalement ouvert les yeux. Quand le Burkina Faso décide de prendre en main son destin, quand il affirme que ses ressources doivent d’abord servir son peuple et qu’il refuse de se soumettre aux injonctions venues d’ailleurs, le pays devient une cible informationnelle. Les attaques ne se font plus seulement avec des armes, mais avec des récits. On raconte que le territoire s’est effondré, que la révolution est un échec et que la population souffre de ses choix souverains. L’objectif n’est pas d’informer, mais de cultiver le doute, de briser le lien de confiance entre la population et ses dirigeants, et de pousser la jeunesse au découragement et à l’exil.
Cette guerre est savamment organisée, et sa première arme est le silence. Un silence coupable et stratégique. Quand de grands amphithéâtres modernes de 1 000 ou de 500 places, dotés de toutes les commodités, sont construits pour les étudiants à l’université, personne n’en parle. Quand la dialyse devient gratuite pour sauver des vies, personne n’en parle. Quand les forces armées nationales neutralisent des colonnes entières de terroristes, libèrent des vallées et réinstallent des centaines de familles le même jour dans leurs villages, personne n’en parle. Quand le Président Ibrahim TRAORÉ inaugure TEXFORCES-BF pour transformer le coton local ou RAFFINOR-BF pour raffiner enfin l’or sur place au lieu de l’exporter brut, personne n’en parle. Quand le riz consommé provient des terres de la vallée du Sourou au lieu des importations, personne n’en parle.


En revanche, la moindre coupure d’eau de deux heures à Ouagadougou fait l’objet de tous les commentaires. La moindre rumeur non vérifiée sur Facebook est partagée massivement. Le moindre rapport biaisé rédigé à distance est repris en boucle par les médias internationaux. Cette pratique du deux poids, deux mesures relève d’une stratégie délibérée visant à effacer les victoires pour ne laisser que les difficultés à l’écran. Si le monde constate qu’un petit pays sous sanctions et en guerre parvient à bâtir des amphithéâtres, à offrir la dialyse gratuite, à industrialiser son coton et son or, et à atteindre l’autosuffisance en riz, le mensonge s’effondre.
Le mensonge selon lequel la survie dépend de l’aide extérieure et que la souveraineté est un slogan creux. Les victoires concrètes sont la preuve vivante que la Révolution Progressiste Populaire se traduit par des actes concrets : un plat de riz local servi à table, une séance de dialyse gratuite à l’hôpital ou un étudiant formé dans un amphithéâtre digne de ce nom.


Le silence est observé parce que ces victoires sont contagieuses. Si d’autres peuples d’Afrique constatent que le changement est possible, l’exemple fera des émules. C’est précisément cette perspective qui inquiète.
Face à cette situation, la souveraineté informationnelle constitue le prolongement naturel de la souveraineté militaire et économique. Être souverain ne se limite pas à posséder une armée forte et à contrôler ses ressources minières ; cela implique également de maîtriser son récit. C’est pourquoi la bataille de l’information ne relève pas de la seule responsabilité des journalistes, mais concerne chaque citoyen. Chaque Burkinabè détenteur d’un téléphone est devenu un acteur de cette lutte.

Sur le terrain numérique, la riposte s’organise déjà. À l’image des BIR-C et des pages citoyennes qui inondent les réseaux sociaux de reportages de terrain, de coulisses du travail accompli et de valorisation du patrimoine, la jeunesse montre qu’elle refuse de déléguer son image à l’extérieur. Comme l’a rappelé le Président Ibrahim TRAORÉ : « La guerre que l’on nous impose est une guerre de communication et de désinformation. Ils veulent nous faire croire que nous ne valons rien. »
Gagner cette guerre ne signifie pas mentir ou masquer les difficultés. Au contraire, une nation engagée dans une révolution est mûre et consciente de ses défis. Remporter la bataille informationnelle implique trois exigences majeures.

Premièrement, produire l’information à l’échelle locale. Les médias locaux doivent s’imposer comme les sources de référence sur le pays, et non comme de simples relais de dépêches étrangères. Deuxièmement, vérifier l’information avant de la diffuser. Partager une information contre sa propre patrie équivaut à fournir des munitions à l’adversaire ; la discipline du partage est un devoir patriotique. Troisièmement, valoriser les réalisations concrètes. Le champ a été laissé trop longtemps à ceux qui orchestrent la défaite. Il appartient à chacun de filmer le pavé posé, l’école construite, le casier judiciaire obtenu en ligne ou le champ labouré.

Le choix du silence adverse vise à étouffer les ambitions nationales. Le bruit des actions accomplies doit attester d’une vitalité intacte. Le courage vient des armes, l’identité de la culture, la vérité de l’information. Un peuple doté du courage, de l’identité et de la vérité demeure invincible.
Nabi Issouf DIALLO ✍️
#Fasovoxpress
